Rue d'Aubagne : Après trois ans le traumatisme est encore bien présent

C’était il y a 3 ans jour pour jour. Le drame de la rue d’Aubagne à Marseille. 2 immeubles vétustes s’effondraient le 5 novembre 2018. Ce matin plusieurs minutes de silence seront observées sur place en mémoire aux 8 victimes. Dans le quartier de nombreux immeubles sont en péril mais plusieurs propriétaires se battent pour rester vivre chez eux.

Rue d'Aubagne
Les marseillais commémorent les victimes de l'accident de la Rue d'Aubagne. Photo de Christophe SIMON / AFP

Marseille se souvient. Les commémorations du 3eme anniversaire de la rue d’Aubagne ce matin. Hommage silencieux et cortège pour saluer la mémoire des 8 victimes de ce drame qui a profondément marqué la ville. Le 5 novembre 2018, 2 immeubles s’effondraient dans la rue d’Aubagne qui est devenue le symbole du mal logement. 3 ans après, les habitants sont loin d’avoir tourné la page, le traumatisme est encore bien présent. Un reportage de Lionel Maillet.

 

Rue d'Aubagne : "des images qui hantent toujours"

3 ans après, il n’a rien oublié de ce matin du 5 novembre 2018, à 9h05 Frederic Tchalian est brusquement réveillé. "J’ai ressenti comme une secousse. Les murs ont vibré", raconte-t-il. "J’ai ouvert les volets de la cuisine et là j’ai vu cette montagne de gravats. En deux minutes, un pompier qui m’a aperçu à la fenêtre m’a fait évacuer", continue Frédéric Tchalian. "C’est des images qui reviennent et qui me hantent toujours".

Un traumatisme qui l’empêche de retourner vivre sur place, au 70 de la rue d’Aubagne dans l’appartement que ses parents avaient acheté il y a une trentaine d’années. "Etant en face, notre cuisine et notre salle à manger donnent vraiment sur le trou laissé par les effondrements", explique-t-il. Frédéric Tchalian se demande : "Comment au quotidien peut-on se reconstruire comme ça ? Comment peut-on se projeter dans l’avenir lorsqu'on est constamment replongé dans un événement dramatique ?". "Moi je n’ai pas la réponse", déclare-t-il au micro de Sud Radio.

 

"On est puni sans arrêt d'être là"

Virginie, au contraire, se bat pour ne pas quitter le quartier. Elle a déjà dépensé 30 000 euros dans des travaux qui n’ont peut n’être servis à rien à cause d’un nouvel arrêté de péril dans son immeuble. Virginie se sent complètement abandonnée. "Il n’y a rien qui a été réglé en fait", juge-t-elle. "J’ai l’impression de vivre Un jour sans fin, je ne sais pas si vous connaissez le film", explique Virginie. "On a été aidé en rien. Ils nous ont aidé en rien pour commencer les réparations". Pour elle, ce bien était "un achat coup de coeur, c’est un achat cauchemar là", juge-t-elle. "On est puni sans arrêt d’être là. Quand est-ce qu’on est considéré enfin comme des victimes ?".

La bataille est aussi judiciaire avec plusieurs propriétaires de la rue d’Aubagne qui mutliplient les recours pour que leurs biens ne soient pas rachetés à prix cassés par la Métropole.

 

 

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