Les sapeurs-pompiers corses lancent un cri d’alarme dans une lettre ouverte 

Les sapeurs-pompiers corses lancent un cri d’alarme dans une lettre ouverte 

Fatigués, inquiets et révoltés, les sapeurs-pompiers corses ont écrit une lettre ouverte à la population alors qu’ils font face à d’importants incendies depuis le début de l’été.

Depuis le début de l’été, le sud-est de la France et la Corse ont été touchés par de violents incendies. Ces deux derniers jours, l’Hérault et les Bouches-du-Rhône sont en proie aux flammes. Au total, plus de 7 000 hectares de végétation sont partis en fumés depuis mi-juillet. Fatigué par les nombreuses interventions, les sapeurs-pompiers corses ont lancé un cri d’alarme dans une lettre ouverte à la population demandant à chacun de faire attention. "Il y a la révolte, l’inquiétude et puis l’épuisement", résume Patrice Beunard, président du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels, invité vendredi matin de Sud Radio, "avec ce qu’ils viennent de subir à la fois sur leur île, et à la fois dans leur chair, nous avons des sapeurs-pompiers qui ont été fortement sollicités".

Patrice Beunard parle d’une situation explosive avec "la conjugaison des éléments naturels que sont la chaleur, l’hydrométrie des végétaux, et le vent". "Les feux peuvent naître de la façon la plus bête", avertit-il, où une seule étincelle "sur un sol comme de la paille" pouvant déclencher un feu immédiatement. "Mes collègues sapeurs-pompiers corses lancent ce cri d’alarme parce que les feux de forêt sont pour plus de 80 % la conséquence de la main humaine", rappelle le président du Syndicat, citant une phrase utilisée par les pompiers de l’Hérault : "Les gens qui jettent leur cigarette par la fenêtre, c’est un petit geste qui fera d’eux un gros con". Selon lui, la culture du risque n’est pas assez développée en France. "La pédagogie est nécessaire mais il faut qu’elle commence dès le plus jeune âge. Ce n’est pas quand on se retrouve avec des dizaines de milliers d’hectares brûlés, et avec le triste anniversaire du décès de notre collègue qui a péri dans l’Hérault l’année dernière, qu’il faut  réagir", lance le pompier. 

Parmi les combats menés par le Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels, il y a celui des bombardiers d’eau "parce que les feux de forêt s’éteignent avec les bombardiers d’eau en complément des moyens au sol". Selon Patrice Beunard, la flotte de ces avions tend "vers l’obsolescence parce qu’ils sont très anciens". Le président du syndicat réclame donc des moyens de l’État et de l’Europe. 

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