Images de l'attentat de Nice : la justice demande en urgence le retrait d'un numéro de Paris Match

Images de l'attentat de Nice: le parquet de Paris demande en urgence le retrait d'un numéro de Paris Match
Avocat déambulant dans les couloirs d'un tribunal (Photo d'illustration) © Tim Douet / AFP

Le parquet de Paris a demandé en urgence le retrait d'un numéro de Paris Match, qui contient des images de l'attentat de Nice.

Quasiment un an jour pour jour après l'attentat sur la promenade des Anglais et alors que la France et la ville de Nice s'apprêtent à commémorer le triste anniversaire du drame, le parquet de Paris a assigné en référé ce jeudi le magazine Paris Match, coupable à ses yeux d'avoir publié des photos de l'attaque. 

Enquête ouverte pour "Violation du secret de l'instruction et recel"

En effet, la justice réclame en urgence le retrait d'un numéro du magazine publié en ce jour, lequel contient des images de la vidéosurveillance filmées le soir de l'attaque au camion-bélier perpétrée par le terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Attentat au cours duquel 86 personnes avaient été tuées et 458 autres blessées. 

Ayant eu vent de cette publication la veille, la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) accompagnée de l'association Promenade des anges, qui rassemble les proches des victimes de Nice, avaient ainsi demandé dès mercredi au parquet de Paris d'intervenir pour "faire cesser ce trouble manifestement illicite". Selon ces associations, ces "captures d'écran, publiées sans précaution aucune", "portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches" et ont été publiées "uniquement pour faire du sensationnel" et "créer une atmosphère morbide et voyeuriste".

Devant l'ampleur de la polémique naissante, le directeur de la rédaction de Paris Match, Olivier Royant, s'était justifié dans la foulée affirmant que sa "rédaction (avait) voulu rendre hommage aux victimes en allant à leur rencontre un an après, dans un devoir de mémoire et pour que la société n'oublie pas".

Le ministère public, qui a donc décidé d'assigner le groupe de presse Hachette Filipacchi Médias - succursale de Lagardère qui détient Paris Match - ainsi que la directrice de publication du magazine, "demande au tribunal d'ordonner le retrait de la vente" et "l'interdiction de diffusion sous tous formats, notamment numérique", a indiqué le parquet de Paris. Ce dernier a par ailleurs précisé avoir ouvert une enquête pour "violation du secret de l'instruction et recel" de ce délit. Une investigation confiée aux enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Le référé, procédure typique lorsque le plaignant souhaite obtenir une décision d'urgence et provisoire, sera examiné à 14H00.

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