Le lycéen de 16 ans qui s'était introduit dans son lycée professionnel de Grasse, lourdement armé, voulant tuer plusieurs de ses camarades de classe et faisant cinq blessés, a été mis en examen et incarcéré samedi, tout comme l'un de ses amis, suspecté d'être un complice.

Il a fait cinq blessés en ouvrant le feu dans son lycée, jeudi, à Grasse. Killian, adolescent de 16 ans, voulait tuer une dizaine de ses camarades qu'il ne supportait plus. Il a été mis en examen samedi pour tentatives d'homicide et incarcéré, tout comme l'un de ses amis, complice présumé.

La procureure de Grasse, Fabienne Atzori, a expliqué qu'il voulait "mettre un terme aux mauvaises relations qu'il entretenait avec certaines de ses camarades de classe"

Il semblait "animé, à l'égard d'un certain nombre de victimes, dont le chiffre reste à préciser, entre 8, 13 et 14, d'un ressentiment tel qu'il souhaitait s'en prendre à leurs jours", a ajouté la magistrate.

"Par moment, il est presque déçu"

Quatre lycéens ont été blessés par des plombs de fusil à pompe et le proviseur du lycée Tocqueville par une arme de poing de calibre 22. Aucun d'entre eux ne faisaient partie des cibles prédéterminées par le tireur. Huit autres personnes ont été blessées plus légèrement, en prenant la fuite.

Un expert psychiatre a conclu à l'absence de troubles mentaux à l'encontre de l'adolescent de 16 ans. Ce dernier a reconnu être l'auteur de la fusillade et a expliqué avoir préparé son passage à l'acte depuis plusieurs semaines. "Il assume complètement son geste et s'explique de façon tout à fait claire", a indiqué le chef de la police judiciaire niçoise, le commissaire Philippe Frizon : "On a pratiquement l'impression que, par moments, il est presque déçu de ne pas être arrivé complètement à son projet."

Une fascination pour la violence

L'adolescent avait réuni tout un arsenal pour arriver à ses fins : fusil à pompe, pistolet à grenaille, revolver 22 long rifle, grenade d'exercice et grenade factice, ainsi que de l'explosif artisanal ont été retrouvés sur lui. Ce fils d'un élu municipal de la ville de Grasse avait pris le fusil chez ses parents et le revolver chez son grand-père. Fasciné par la violence, ses comptes sur les réseaux sociaux comportent de nombreuses photos et vidéos morbides, notamment des images de la tuerie dans un lycée de Columbine, aux Etats-Unis.

Il voulait s'en prendre à ses camarades pour des motifs "très variés", a expliqué la procureure de Grasse, allant de "problèmes de comportement" à "des remarques qui auraient pu être formulées à son égard sur les réseaux sociaux".

Son complice présumé de 17 ans a gardé le silence devant les policiers. Non-scolarisé, il avait récemment été signalé par ses parents à la justice des enfants pour avoir écrit une lettre à un Américain détenu dans l'Ohio pour trois meurtres commis dans un lycée.

 

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