« On assume de sortir l'artillerie lourde », a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse à Mérignac, en Gironde. Après le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares fin juillet l'ancien ministre des Armées a détaillé un plan de reconstruction accéléré pour le Sud-Ouest.
Un accueil houleux sur le terrain
Avant même la conférence de presse, Sébastien Lecornu s'est rendu au Porge, la commune la plus touchée par l'incendie avec 183 maisons brûlées. Il y a été accueilli par environ 200 habitants vêtus de noir, qui l'ont conspué à son arrivée. Le maire de la commune avait réclamé un « plan Marshall » pour la reconstruction.
C'est dans ce climat tendu que le chef du gouvernement a détaillé ses annonces, en promettant de « ne rien cacher » sur la gestion de la crise.
12 millions d'euros pour la Gironde et les Landes
Le Premier ministre a annoncé un fonds d'urgence de 12 millions d'euros, dont 10 millions pour la Gironde et 2 millions pour les Landes, deux départements durement touchés par les incendies de juillet. Cette enveloppe sera déléguée à la préfète de région plutôt que gérée depuis Paris. « Moins on gère depuis Paris, plus on redonne des capacités aux acteurs locaux, mieux ce sera », a justifié Sébastien Lecornu.
L'aide, disponible immédiatement, doit permettre aux collectivités de lancer sans délai les travaux d'urgence.
Au-delà de ce fonds, le gouvernement a annoncé une série de mesures de soutien économique : accélération des permis de construire, exonérations fiscales pour les entreprises sinistrées et recours facilité au chômage partiel. Selon Sébastien Lecornu, le coût cumulé de l'ensemble des dispositifs présentés pourrait dépasser 100 millions d'euros. « C'est une mesure assez radicale, un peu coûteuse pour les finances publiques, mais je l'assume », a-t-il reconnu.
Le Var également concerné
Si les annonces de lundi visaient d'abord la Gironde et les Landes, Emmanuel Macron a assuré, en marge de son propre déplacement à Bormes-les-Mimosas, que « les mêmes dispositifs » seraient mis en place pour le Var, également frappé par des incendies cet été.
Une pression sur les assureurs
Sébastien Lecornu a par ailleurs annoncé que l'État entendait peser sur la relation entre assureurs et sinistrés, « sans faire obstruction ». Il a promis de rendre publics les noms des assureurs qui ne joueraient pas le jeu dans l'indemnisation des victimes des mégafeux.
Une annonce qui n'a pas manqué de faire réagir le secteur assurantiel, qui rappelle avoir pris en charge les dégâts dès les premiers incendies. Sur le terrain, certains élus et habitants restent sceptiques, estimant que l'État ne « sort les crocs » qu'en temps de crise.