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NDDL : l'évacuation de la Zad se complique, enjeu énorme pour l'exécutif

L'opération d'évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes s'avère plus difficile qui ce qui était initialement envisagé. Malgré la volonté politique de ne pas fléchir, l'enjeu est grand pour le gouvernement et le président de la République.

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Ce jeu de course-poursuite entre les gendarmes et les zadistes n’était pas prévu au programme et commence à contredire le discours de fermeté et de respect de l’État de droit du gouvernement dans cette affaire.

Le bilan de 32 gendarmes blessés depuis le début de l’opération confirme les craintes des forces de l’ordre qui s’étaient préparées à une opération longue et potentiellement dangereuse.

Les renseignements des forces de l’ordre se sont confirmées. Un groupe très radical veut l’affrontement et possède les moyens de le mener. Ils sont armés et ils résistent.

Surtout, les forces de l’ordre sont soumis à une contrainte qu’ils avaient sous-estimée. Les ordres venant du degré politique les obligent à rester prudents. Les consignes sont de progresser lentement et chaque progression est encadré par des huissiers et des juristes pour ne pas pouvoir contester leur démarche.

Les gendarmes obéissent aux ordres mais ils se sentent entravés dans leurs choix opérationnels. La raison de la prudence politique est évidente, le pouvoir ne veut pas d’un drame mortel chez les zadistes.

L’enjeu est une bataille de comm qui a son impact politique. Les zadistes communiquent beaucoup, se servent des images de destruction des lieux emblématiques de la Zad. Ils installent l’idée d’une offensive sans discernement. L’épisode emblématique de la fameuse bergerie aux 100 noms, lieu central de la zad, qui a été détruit, l’atteste.

Le gouvernement a du mal à expliquer quels sont les choix sur les cibles à l’intérieur de la zad, en particulier les personnes qui ne sont pas affiliées aux instances agricoles officielles.

Conséquence, certains membres de la majorité commencent à douter et demandent au gouvernement de faire une pause dans l’opération. Édouard Philippe a dit qu’il n’en était pas question.

Les zadistes exigent une trêve et appellent à un rassemblement dimanche.

Il apparaît une nouvelle fois que le gouvernement a du mal à être en mesure d’expliquer ses décisions et ses actes. On l’a déjà vu à propos du conflit des cheminots. Macron a considéré que la bataille de la comm a été mal menée alors que l’opinion soutient la réforme de la SNCF, on le voit encore dans les derniers sondages.

Notre-Dame-des-Landes est un nouvel exemple qui atteste que Macron, qui va parler à la mi-journée, est un président qui doit reprendre en main son propre récit. Ce sera son défi de la journée.

Écoutez la chronique de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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