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La flambée du bitcoin inquiète les analystes

Aujourd’hui au plus haut, le bitcoin représente un pas supplémentaire vers le contournement des États en matière de politique monétaire.

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Un simple chiffre : le cours du bitcoin s’est apprécié de 1000% depuis le début de l’année. Au point que Goldman Sachs envisage de mettre en place une équipe spéciale pour proposer à ses clients d’investir dessus. Goldmans Sachs, la banque à qui l’on doit les comptes pourris de la Grèce, la banque qui investissait les yeux fermés dans les subprimes. Formidable. En tout cas, c’est le signe que les vautours dénués à la fois de scrupules et de vision à long terme sont sur le coup. Ce qui signifie que cette monnaie virtuelle inventée pour des échanges loin de tout contrôle, est bel et bien devenue l’objet d’une bulle spéculative.

Elle fonctionne sur un système de création de monnaie à partir d’algorithmes tenant compte de toutes les transactions déjà effectuées. Un système qu’on appelle blockchain et qui, accessoirement, consomme autant d’énergie que la Hongrie tout entière. Mais la question est surtout : à quoi ça sert ? Une monnaie est censée s’appuyer sur une économie qui génère de la richesse ou sur un métal précieux que l’on considère comme une réserve. Et une monnaie est l’apanage d’un État. Elle lui permet de contrôler les acteurs économiques et de maîtriser à peu près sa politique budgétaire. D’où l’enjeu que constitue la souveraineté monétaire. Elle seule permet de relancer par un peu d’inflation une économie fatiguée, ou de freiner les surchauffes, de favoriser le crédit ou l’épargne. Or, même si le bitcoin est encore marginal, il est le premier pas vers le contournement des États en matière de monnaie.

Bien sûr, les monnaies locales échappent aussi au contrôle des banques centrales. Et certaines connaissent un certain succès comme l’eusko, par exemple, au Pays Basque. Mais même s’il s’agit dans les deux cas de s’affranchir du système bancaire, les monnaies locales le font au nom d’une économie réelle de proximité. Les monnaies virtuelles sont au contraire une façon d’ajouter de la spéculation en s’affranchissant de tout contrôle. Il ne s’agit à aucun moment de retrouver une autonomie des citoyens dans leurs échanges mais de mêler Wall Street et la Silicon Valley pour faire en sorte que les États ne puissent plus réguler d’aucune manière les mouvements de capitaux. Même si la bulle du bitcoin explose, ça ne résoudra pas le problème à long terme, car une autre viendra très vite prendre sa place.

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