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Prix planchers : effet d’annonce ou promesse réalisable ?

Par Jean Baptiste Giraud

Lors de sa visite chahutée au Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron a annoncé des prix planchers pour les agriculteurs. Est-ce applicable ?

prix planchers
Emmanuel Macron a promis des prix planchers au Salon de l'agriculture, à Paris, le 24 février 2024. (Ludovic MARIN - POOL/AFP)

Les prix planchers annoncés au Salon de l’agriculture sont-ils une bonne idée ? Sont-ils seulement applicables ?

Prix planchers : "Cela a existé il y a 30 ans"

Dominique Chargé, président de la Coopération Agricole, représente 2 010 coopératives françaises. "Ce sont des entreprises qui appartiennent aux agriculteurs, et dont l’objectif est de transformer leur production agricole dans des endroits collectifs. Nous représentons aujourd’hui à peu près 70% de la production agricole, et 40% de l’alimentation quotidienne. Trois agriculteurs sur quatre, et une marque sur trois."

Les prix planchers sont-ils une bonne idée ? "Il y a un vrai débat sur la façon dont on détermine la juste rémunération des agriculteurs. Comment sanctuariser la valeur de la matière première agricole ? Les prix planchers, je ne sais pas comment cela fonctionne. Cela a existé il y a trente ans, dans un contexte économique différent. C’était des prix définis par Bruxelles et régulés via des outils d’intervention permettant de garantir ce prix."

 

 

 

"Un carcan réglementaire"

"Qui va garantir ce prix ? Qui m’assure que je vais pouvoir transférer ce prix sur toute la chaîne de valeur jusqu’au consommateur final ?", interroge Dominique Chargé, président de la Coopération Agricole. "Et sur l’ensemble de mes marchés, qui ne sont pas seulement français, mais aussi européens et mondiaux ? Il faudrait s’accorder sur ce que serait ce prix minimum. Mais cela peut se retourner contre les intérêts des agriculteurs français."

"Si on fixe des prix en France déconnectés des marchés, nous aurons encore davantage d’importations à des prix plus compétitifs. Le lait est exporté à 40% : c’est 40% que vous ne pourrez plus produire, qui seront remplacés par d’autres prix. Le Premier ministre a dit que ce n’était ni l’URSS ni le Far West : il va falloir travailler sur les coûts de production. Il y a nécessité que les agriculteurs vivent mieux de leur métier, qu’ils aient un revenu meilleur. Nous avons un carcan réglementaire qui empêche les agriculteurs français de produire dans de bonnes conditions et d’être compétitifs."

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