Concert de Bertrand Cantat à Montpellier : "Un déni de sa vraie personnalité"

Bertrand Cantat (©XAVIER LEOTY - AFP)

Alors que Bertrand Cantat devrait se produire sur scène à Montpellier lundi prochain, un collectif se mobilise contre la venue du chanteur qui a tué Marie Trintignant en 2003. À l’origine de cette protestation, Annie Coste était l’invitée du journal de 18h sur Sud Radio ce jeudi.

C’est un concert qui ne passe pas pour certains. Le 12 mars prochain, Bertrand Cantat est censé se produire sur scène au Rockstore de Montpellier. Une soirée qui choque de nombreux Montpelliérains, qui ont appelé à manifester pacifiquement avec une fleur pour exprimer leur désaccord, alors que la vie publique du chanteur est très controversée depuis qu’il a été reconnu coupable du meurtre de sa compagne Marie Trintignant en 2003. À l’origine de cette protestation, Annie Coste était l’invitée du journal de 18h de Sud Radio ce jeudi pour s’expliquer.

"Nous sommes plusieurs à trouver indécente la venue de Bertrand Cantat. Nous ne contestons pas du tout sa liberté ou la décision de justice, ce n’est pas notre but. En revanche, que quelqu’un qui a été reconnu coupable par la justice de 19 coups extrêmement violents sur Marie Trintignant se produise sur scène... Nous ne sommes par contre sa réinsertion dans la vie civile, mais la musique sur scène, sous les lumières, c’est particulier et ça pose un problème", clame-t-elle.

"La justice ne règle pas l’éthique"

"Il a payé, bien sûr. C’est ce que tous les pro-Cantat disent. Sauf que la justice ne règle pas l’éthique. Dans cette affaire, il faut quand même se questionner sur l’éthique et surtout, ne pas occulter tous les faits rapportés par les journalistes, même récemment (une main courante le 15 février), qui vont dans le sens d’un comportement violent et menaçant de Bertrand Cantat envers plusieurs femmes ! Marie Trintignant n’est, hélas, sûrement pas la seule. Comment réduire les violences faites aux femmes si leurs auteurs sont applaudis et admirés ?", ajoute-t-elle.

Pour Annie Coste, la face sombre de Bertrand Cantat va bien au-delà du cas Marie Trintignant. "Les auditeurs n’ont qu’à aller sur YouTube taper "Message téléphonique de Krisztina Rady", ils seront sidérés par ce qu’ils entendront. Son histoire est peu connue (Ndlr : ex-femme de Bertrand Cantat qui s’est suicidée en 2010). Elle a laissé six mois avant sa pendaison un message téléphonique à ses parents, disant : "Ce n’est pas possible, tout le monde le prend pour une star, mais après il rentre à la maison et fait des choses horribles sur moi devant les enfants... On ose à peine respirer… Partir, mais pour aller où ? J’ai failli perdre une dent...". C’est vraiment accablant pour Bertrand Cantat", assure-t-elle.

"On dénonce un manque de courage"

Alors que des précédents concerts de Bertrand Cantat ont été récemment annulés, en Ardèche et dans la Manche notamment, Annie Coste assure que les conditions n’étaient pas tout à fait réunies à Montpellier. "Nous y avons pensé, mais nous avons eu écho du fait que le maire pensait qu’il n’avait pas à se substituer au programmateur du Rockstore, la salle de concert de Montpellier. On dénonce un peu un manque de courage. C’est un déni de ce qu’il se passe autour et de la vraie personnalité de Bertrand Cantat. Tout le monde se focalise sur la mort de Marie Trintignant et sur le fait qu’il a purgé sa peine. On ne le conteste pas, pas plus que le fait qu’il soit un grand artiste. Mais il y a aujourd’hui trop de faits qui se sont accumulés pour le laisser se produire comme si de rien n’était", déclare-t-elle.

Réécoutez en podcast l’interview d’Annie Coste dans le 18h Sud Radio

 

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