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Les agriculteurs ne cesseront pas les blocages "tant qu'ils n'auront pas obtenu satisfaction"

Par Adélaïde Motte

Blocage des agriculteurs : Véronique Le Floc’h, présidente de la Coordination Rurale de France, était l'invitée d'André Bercoff sur Sud Radio le 23 janvier 2024.

agriculteurs
Véronique Le Floc’h invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Alors que le blocage de l'A64 par les agriculteurs se poursuit et que l'on déplore déjà un mort, Véronique Le Floc’h, présidente de la Coordination Rurale de France, vient expliquer à André Bercoff les enjeux de l'agriculture.

Certains syndicats agricoles "ont créé des problèmes et pensent qu'ils vont apporter des solutions"

"On est le premier syndicat 100% agriculteurs", annonce Véronique Le Floc'h, présidente de la Coordination Rurale de France. Elle estime que la Confédération paysanne, elle, est "environnementaliste", et surtout moins connectée avec le terrain. "Je représente la coordination rurale, je suis en bleu [de travail] tous les jours, et à côté de nous il y a un syndicat où ils sont plutôt en costume-cravate." Quant à la FNSEA, la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles, "ils ont créé des problèmes et ils pensent qu'ils vont nous apporter des solutions."

Le GNR, gaz naturel non-routier, avait était présenté aux agriculteurs comme la solution miracle pour diminuer les émissions polluantes de l'agriculture. "Aujourd'hui il ne semble plus être la solution, la FNSEA valide une augmentation des taxes qui va être répercutée sur les produits aux consommateurs." Où la FNSEA trouve-t-elle son intérêt dans cette augmentation ? Dans les bio-carburants, présentés aujourd'hui comme la nouvelle solution, car ils émanent du groupe Avril et "le président du groupe avril c'est le président de la FNSEA. Quelque part il y a de l'argent."

 

"Les importations pèsent pour 30% du panier des Français"

Les agriculteurs ne veulent plus être "soumis à tous ces accords de libre-échange", qui ne profitent pas aux Français. "Au niveau de l'ambassade française à Wellington, on lisait que ces accords seraient favorables à 24 sociétés du CAC40. On n'a pas à se nourrir avec de la marchandise importée au profit de grands groupes." D'autant que ces accords ont des effets délétères sur le panier du Français moyen. Les importations "pèsent aujourd'hui pour 30%, pour 100€ dépensés, 30€ sont allés à des produits d'importation. Sur ces 30%, vous avez la moitié qui sont importés et revendus brut et l'autre moitié qui intègre des plats préparés, des produits de transformation."

"La politique agricole est définie à Bruxelles", explique Véronique Le Floc’h, pour qui l'Europe semble vouloir compartimenter les domaines de compétences des Etats. "L'alimentaire ce serait l'Amérique du sud et l'Océanie, on verrait la Chine dans toutes les babioles qui viennent nous polluer, il nous resterait le tourisme." "L'agriculture à l'Ouest de l'Europe c'est comme s'ils voulaient faire une croix dessus. Les Allemands, les Italiens sont tous dans la rue, alors même que nous avions suffisamment à nourrir nos populations." Ces choix ont des conséquences dramatiques sur les économies nationales. "Nous avons un déficit en terme de balance commerciale de 500 millions d'euros, nous exportons du blé, nous importons de la farine, où va-t-on ? C'est comme si demain on importait des baguettes d'Algérie, nous avons perdu notre souveraineté alimentaire."

 

"Derrière chaque exploitation il y a 7 à 8 emplois"

Alors comment espérer sortir l'agriculture de ses multiples difficultés ? "C'est une accumulation, les normes, le non-respect, l'agri-bashing..." "Il faut définir un objectif clair qui soit la préservation des exploitations familiales. Il faut faciliter les successions, zéro droit de succession", sans oublier de trouver "une solution par rapport à ce carburant et à cette taxation." Véronique Le Floc'h ajoute que certains prédateurs, notamment les vautours, menacent les bêtes d'élevage. Un problème qui devient insurmontable lorsque les prédateurs sont des espèces protégées. "L'agriculture est menacée par l'environnement et par la faune sauvage, il faut qu'on fasse un choix."

"Nous ne quitterons pas les lieux de blocages tant que nous n'aurons pas obtenu satisfaction", prévient Véronique Le Floc'h, "ceci dit il faudra des rotations car là où il y a de l'élevage il y a du travail quotidien, et les bêtes passent avant." La crise agricole doit impérativement être résolue. Pas seulement pour les agriculteurs, mais aussi pour tous les emplois qui gravitent autour de leurs exploitations. "Derrière chaque exploitation il y a 7 à 8 emplois, demain s'il n'y a plus d'agriculture, toutes ces personnes-là peuvent aller pointer [au chômage]." Ces emplois sont constitués "de plus en plus de conseillers. On a l'équivalent d'un conseiller pour quatre exploitations, on préférerait avoir ce quart de temps à travailler dans nos exploitations."

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff du lundi au jeudi  à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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