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Contrôle technique : moins de contre-visites malgré des voitures toujours plus âgées

Par Tania Robieu

DÉCRYPTAGE SUD RADIO – Paradoxe sur les routes françaises. Alors que le parc automobile continue de vieillir, le taux de contre-visites au contrôle technique recule légèrement en 2025. Une tendance analysée par Laurent Palmier, PDG du réseau Sécuritest (groupe SGS), invité dans On parle Auto.

controle technique
Plus de 27,6 millions de contrôles techniques ont été réalisés en France en 2025, avec un âge moyen des véhicules de 13,3 ans.

En 2025, plus de 27,6 millions de contrôles techniques ont été réalisés en France. Invité de Laurence Péraud et Jean-Luc Moreau dans l’émission On parle Auto, Laurent Palmier, PDG du réseau Sécuritest, leader du contrôle technique en France, décrypte ces chiffres en hausse, portés notamment par le dynamisme du marché de l’occasion. « Il y a plus de voitures d'occasion vendues. Donc pour vendre une voiture d'occasion, il faut un contrôle technique », explique-t-il. Dans le même temps, l’âge moyen des véhicules contrôlés atteint désormais 13,3 ans. Pourtant, le taux de contre-visite recule légèrement, passant de 19,44 % en 2024 à 19,30 % en 2025. Une stabilité plus qu’une réelle amélioration.

Un parc vieillissant… mais mieux préparé

Cette baisse apparente s’explique en partie par l’essor des véhicules d’occasion récents, souvent révisés avant la vente. Résultat : des voitures mieux préparées au passage du contrôle technique. Mais dans le détail, certaines failles persistent. « Il y a une grosse disparité entre les véhicules légers et les véhicules particuliers », précise Laurent Palmier.

Côté défaillances, le podium reste inchangé. En tête : les problèmes de liaison au sol (pneus, suspensions, essieux), qui représentent 10 % des contre-visites. « Les pneumatiques, ça fait partie des inquiétudes », insiste-t-il, évoquant notamment l’usure spécifique des véhicules électriques. Viennent ensuite les défauts d’éclairage (près de 9 %), puis les problèmes liés à la pollution, parfois aggravés par un entretien insuffisant.

Utilitaires : le vrai point noir

C’est sur les véhicules utilitaires que le constat devient préoccupant. Leur taux de contre-visite atteint 22,39 %, soit près de trois points de plus que pour les voitures particulières. Et dès le premier contrôle, l’écart est frappant : « On est à 4,63 % sur les véhicules particuliers… et à 11,93 % sur les utilitaires », détaille Laurent Palmier.

En cause : un usage intensif, des kilométrages plus élevés, mais aussi un entretien souvent négligé. « Finalement, on note qu’ils sont moins bien entretenus, notamment sur la partie éclairage et pneumatique », observe-t-il. Plus inquiétant encore, seul un utilitaire sur deux se présente au contrôle pollution annuel obligatoire.

"Le rôle du contrôle technique, c'est presque du service public"

Pour le patron de Sécuritest, le problème dépasse le simple cadre technique. « L’usage des véhicules dans le monde professionnel, c’est la première cause d’accident mortel au travail. Ça fait longtemps qu'on demande à l'administration d'être vigilant là-dessus», rappelle-t-il. Pourtant, certaines règles limitent l’efficacité du système : lors d’un contrôle pollution, impossible de signaler officiellement d’autres défaillances.

Au-delà des obligations, Laurence Perraud appelle à une prise de conscience collective :« Le rôle du contrôle technique, c'est presque du service public, de sécurité routière. Une voiture qui n’a plus le droit de rouler, c’est peut-être un mort évité le lendemain. » Un rappel essentiel, alors que le contrôle technique reste souvent perçu comme une contrainte,plutôt qu’un outil de sécurité.

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