Améliorer la communication, augmenter la participation des établissements privés sous contrat, simplifier certaines procédures: un rapport d'évaluation parlementaire invite mercredi à lever plusieurs "freins" à la vaccination contre les papillomavirus en collège.
Si ces campagnes montrent des résultats "encourageants", leur déploiement reste "inégal et incomplet", estime son auteur, le député Michel Lauzzana (Ensemble pour la République), à l'approche de la fin de la troisième année scolaire de mise en oeuvre.
La vaccination contre les papillomavirus humains, qui prévient jusqu'à 90% d'infections à l'origine notamment de cancers (utérus, anus, ORL...), est recommandée en France pour les adolescentes et adolescents de 11 à 14 ans révolus, avec rattrapage possible jusqu'à 26 ans.
Depuis septembre 2023, les collégiens du public et de certains établissements privés sous contrat peuvent être vaccinés contre les papillomavirus avec une prise en charge totale par l'Assurance maladie, sous réserve d'autorisation des deux parents. C'est aussi possible, depuis la rentrée 2024, pour les 11-14 ans en établissements médico-sociaux.
Ces premières années ont montré "une amélioration significative de la couverture vaccinale des adolescents", "un impact favorable sur la réduction des inégalités de santé", avec des "coûts globalement maîtrisés" et nettement inférieurs à ceux estimés du traitement des pathologies dues à ces virus, note Michel Lauzzana, membre de la commission des Affaires sociales.
Ce retour de vaccinations en milieu scolaire est "plutôt un succès", mais la France reste loin de son objectif de 80% de couverture vaccinale contre les papillomavirus à l’horizon 2030, ajoute ce généraliste de profession.
Les campagnes en collège pâtissent aussi, selon lui, d'importantes disparités entre territoires, entre établissements publics mais aussi d'un "manque d'investissement" des établissements privés sous contrat.
Face à ce "déploiement inégal" et à un "risque d'essoufflement", Michel Lauzzana formule 13 recommandations pour lever des freins "organisationnels", "psychologiques" et "institutionnels".
Il incite ainsi à renforcer et simplifier la communication autour de cette vaccination HPV, avec une attention accrue aux territoires et établissements défavorisés, à inciter plus fortement les établissements privés sous contrat à participer, à simplifier le recueil du consentement parental et à assouplir l'obligation de présentation du carnet de santé.
Autres préconisations: développer le rattrapage vaccinal pour les 15-26 ans et abaisser l'âge du consentement à 16 ans pour cette vaccination, étudier le passage à une seule dose avec l'ouverture de la vaccination dès 9 ans en médecine de ville pour une efficacité maximale.
Mais si les niveaux de couverture stagnent sous les 80%, le rapporteur évoque une possible obligation vaccinale.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP