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Tournoi des 6 Nations - Gonzalo Quesada : "Envie de bien développer le rugby italien"

Par Clément Combes

Le sélectionneur de l'Italie Gonzalo Quesada était au micro hier soir de François Trillo dans Au Coeur de la Mêlée : Le Mag. 24h après le match nul historique de la Nazionale face à la France (13-13), il est revenu sur le scénario de la rencontre, et sur sa vision plus globale du rugby italien.

France-Italie, Italie, Gonzalo Quesada
Gonzalo Quesada, sélectionneur de l'Italie, lors du match Italie-Angleterre à Rome, 3 février 2024. Photo Antonietta Baldassarre - Icon Sport

C'est la première fois que l'Italie réalise une telle performance sur le sol français. Comment tu la perçois à froid ?

G.Q : Après avoir vu le match plusieurs fois, c'est une belle partie pour nous. Il y a un peu 2 rencontres dans la rencontre. En 1ère mi-temps, on n'a pas pu mettre en place tout ce qu'on avait préparer. On n'avait pas la balle, on a lâché quelques turnovers. C'est dommage parce qu'on avait vraiment cette envie jouer, de tenter, déplacer le ballon en jouant sur toute la largeur. C'était assez clair que nous ne pouvions pas rentrer dans un combat serré, une guerre des rucks, au vu de notre énorme déficit de puissance. On a eu des possibilités mais on perd 3-4 ballons dans l'avancée. Le gros point positif de ce premier acte c'est notre engagement en défense. C'est une chose sur laquelle on travaille, dans ce projet global d'équipe. Il n'y a pas si longtemps que ça, nous aurions lâché. On s'est dit à la mi-temps d'être plus patient avec le ballon, car je savais que si on ne tentait pas la passe impossible, il y avait de quoi mettre en danger les Français.

En tant que sélectionneur et ancien buteur quel discours as-tu envers Paolo Garbisi (qui a manqué la pénalité de la gagne), pour ne pas qu'il perde confiance ?

G.Q : Comme il l'a dit, je ne sais pas combien de fois c'est arrivé que le ballon tombe du tee à ce moment-là. Mais comment lui en vouloir après son énorme match ? Plus je regarde la rencontre, plus je vois tous ses efforts fournis en défense et tous les contacts qu'il s'est pris. Et comme j'ai eu l'occasion de le dire, si on se retrouve à avoir la pénalité de la gagne, c'est aussi parce qu'il en met une complètement en coin avant ça. Donc ça ne sert à rien de dire dommage. Ce qui m'a beaucoup plu, c'est que tout le monde est venu dire à la fin que les Français avaient chargé Paolo, qu'il aurait dû retaper la pénalité, qu'un docteur traînait devant lui alors qu'il n'avait rien à faire là. Mais lui n'a pas voulu s'en servir d'excuse. Je préfère qu'il fasse le match qu'il a fait en loupant le coup de pied final, la prochaine fois ça rentrera.

 

 

Ça reste un weekend marquant pour le rugby italien, entre la victoire des U20 face aux Bleuets et ce match nul. Est-ce que tu sens ce rugby italien plus fort sur ses bases qu'avant ?

G.Q : Il y a un boulot de fond qui est fait, surtout chez les jeunes, mais il reste beaucoup de choses à faire. On manque encore en quantité de joueurs qui arrivent dans les académies, mais le boulot est de qualité. Il faut aussi que nos deux franchises professionnelles, les Zèbres de Parme et Bennetton Trévise, soient performantes. Le Bennetton marche bien, mais avec beaucoup de joueurs étrangers : Thomas Gallo pilier, Eli Snyman en 2e ligne, Jacob Umaga en 10, Fekitoa au centre. Je pense que la prochaine étape si on veut continuer à développer le rugby italien, c'est instaurer la règle des JIFF comme en France. Si on arrive à donner plus de temps de jeu à nos très bons jeunes joueurs dans nos équipes professionnelles, c'est évident que nous parviendrons à nous développer plus fort. En tout cas, les bases sont là, l'envie de bien bosser aussi, et je prends beaucoup de plaisir ; quand j'entraîne mais également dans mes échanges avec la Fédération pour travailler sur l'avenir.

 

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Les U20 italiens fous de joie après leur succès 23-20 contre les Bleuets, une première dans le Tournoi.

 

Est-ce que les joueurs ont tout de même fêté ce match nul historique ?

G.Q : Le sentiment prédominant hier c'était la déception. Il y avait vraiment la sensation hier d'avoir laissé passer une opportunité après autant d'efforts. C'est un groupe plus calme que ce que j'ai pu connaître parfois en France. On a fait un grand rond dans la salle de vie avec quelques bières pendant 2h tous ensemble avant d'aller dîner. J'ai l'habitude le lendemain de voir partir les mecs un peu plus défoncés, et ça ne m'aurait pas gêné. Mais ils n'ont pas trop fait la fête.

Considères-tu ton début de mandant réussi ?

G.Q : Réussi, le mot est trop fort. Je suis conscient d'où l'on vient. Il y a quatre mois c'était 60 à 7 qu'on se prenait contre la France. Alors oui les Bleus ont des blessés mais nous aussi. Sur les trois matchs du Tournoi, j'ai lancé au moins deux joueurs sans sélection à chaque fois. Donc passer de 60-7 à 13-13 c'est satisfaisant. C'est sur le contenu que je suis super confiant. Déjà dans l'état d'esprit on a énormément construit, en travaillant avec les joueurs de manière profonde pour retrouver certaines valeurs et du caractère. La preuve concrète de tout ça c'est notre seconde période en France, où quand je vois ces 40 minutes-là je vois pas mal d'actions construites, du jeu dans l'avancée, de la cohérence et des bons choix. En tant qu'entraîneur il y a forcément le résultat, mais surtout des choses qui apparaissent dans l'état d'esprit et le fond de jeu, et ça fait plaisir.

 

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