Proportionnelle, New Deal européen : le programme de Vincent Peillon

Vincent Peillon a présenté ce mardi matin son programme pour la primaire de la gauche, proposant notamment l'élection de l'Assemblée nationale à la proportionnelle et un New Deal européen pour une "relance européenne à partir de l'axe franco-allemand".

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Coup d'envoi de la campagne de la primaire de la gauche pour Vincent Peillon. L'ancien ministre de l'Education nationale présentait ce mardi son programme, quelques minutes avant Manuel Valls. Retour sur ses annonces les plus fortes.

L'élection des députés à la proportionnelle

"A exclure et dénier la représentation à une partie du peuple français, on fait grossir sa colère, son rejet de la démocratie et de ceux qui la représentent", écrit Vincent Peillon pour justifier sa proposition que "l'Assemblée nationale soit élue au scrutin proportionnel dans les grandes régions". Une proposition qui s'accompagne de la "réduction du nombre de députés", de l'instauration du mandat unique et de la limitation à trois mandats consécutifs dans le temps.Il souhaite également "l'inéligibilité à toutes les élections" de toutes les personnes qui auraient une condamnation inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire, qui comprend toutes les condamnations sauf celles prononcées à l'encontre des mineurs, les condamnations avec sursis à la fin du délai d'épreuve ou encore les condamnations assorties d'une dispense de peine.

Un New Deal européen

"On peut mener une politique de gauche et de progrès social dans le cadre européen", assure Vincent Peillon qui propose "un New Deal européen" et une "relance européenne à partir de l'axe franco-allemand".Une relance qui passera d'abord par un assainissement des finances publiques, annonce le député européen : "Je propose une stratégie de finances publiques claire, poursuivre la baisse de nos déficits et commencer une baisse des prélèvements obligatoires, rééquilibrée en faveur des ménages."Il propose notamment "un plan d'investissement de 1000 milliards pour préparer l'avenir", pour "la transition énergétique, le numérique, les télécommunications, la recherche, l'innovation, la formation, la jeunesse". Ainsi qu'une harmonisation fiscale, "en particulier pour ce qui concerne l'impôt sur les sociétés".

Renforcement des frontières extérieures de l'Europe

"Il faut que les contrôles systématiques à toutes les frontières extérieures et sur toutes les personnes entrant dans l'espace Schengen, y compris les Européens, soient garantis", écrit Vincent Peillon.Sans pour autant remettre en cause l'accueil des réfugiés ou le droit d'asile : "Le droit d'asile fait partie des valeurs européennes les plus fondamentales. Nous ne pouvons pas y renoncer sans nous renier nous-mêmes."

5000 gendarmes et policiers supplémentaires

Au-delà du terrorisme, Vincent Peillon veut aussi donner aux forces de l'ordre les moyens d'exercer "leurs missions quotidiennes d'enquêtes et de contact dans de bonnes conditions", proposant le recrutement de 5000 gendarmes et policiers supplémentaires.

Lutte contre la fraude fiscale

Vincent Peillon veut faire "sauter le verrou de Bercy", en permettant aux agents du fisc de "saisir directement le procureur s'ils décèlent des indices laissant supposer une fraude aggravée".Il veut également instaurer "un bouclier fiscal pour les plus modestes", estimant que la gauche a, depuis 2012, rendu l'impôt sur le revenu plus juste, mais "le pouvoir d'achat ainsi redonné aux Français modestes a en partie été ponctionné par la hausse des taxes et impôts locaux".

Conditionner le versement du CICE

Vincent Peillon souhaite que le crédit d'impôt compétitivité emploi ne soit versé aux entreprises que si elles signent "un accord d'entreprise ou de branche consacré à la formation, à la recherche-développement et à la qualité de l'emploi et des conditions de travail".

Revenir sur certaines dispositions de la loi Travail

L'ancien ministre de l'Education nationale entend aussi rétablir la hiérarchie des normes, revenant ainsi sur une des dispositions de la loi El Khomri adoptée pendant l'été 2016. Il souhaite réexaminer les articles qui portent "sur le licenciement économique, sur le référendum d'entreprise, sur les accords offensifs et celui qui établit un référentiel indicatif pour les indemnités prud'homales".