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Amélie de Montchalin nommée à la cour des comptes : le retour de la République des copains ?

Par Thomas Rannou

La nomination d’Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes suscite une vive polémique. Entre défense de ses compétences par la majorité et accusations de conflit d’intérêts par l’opposition, la décision d’Emmanuel Macron divise.

Ludovic MARIN - AFP

C'est désormais officiel, Emmanuel Macron a proposé à Amélie de Montchalin d'être nommée à la tête de la Cour des comptes. À 40 ans, elle deviendra ainsi, le 23 février prochain, la première femme à présider l'institution.

Une nomination que la macronie justifie par les compétences de cette dernière, à l'image de Rolland Lescure, sur le plateau de Télématin : "Amélie de Montchalin est extrêmement compétente et tout le monde le reconnaît. Elle saura gouverner cette institution en toute indépendance."

"La République des copains"

Du côté de l'opposition, cette nomination ne passe pas. Mardi, des responsables politiques venus d’horizons variés de La France insoumise au Rassemblement national, en passant par l’Union des droites républicaines et les Écologistes ont exprimé de vives réserves.

"La République des copains se porte bien", s'est insurgé sur X l'ex-insoumis François Ruffin (devenu député du groupe écologiste)

Même tonalité du côté du RN. Marine Le Pen a fustigé le choix du chef de l’État : "Emmanuel Macron a ruiné les comptes publics et Amélie de Montchalin a une lourde responsabilité dans ce bilan désastreux. Comment croire qu'elle sera capable de la moindre indépendance indispensable à cette noble maison ?", a-t-elle écrit, elle aussi sur le réseau social.

Éric Ciotti, de son côté, a dénoncé "un passage en force". Il s’en est aussi pris à la désignation d’Amélie de Montchalin à "un poste inamovible", rappelant que la présidence de la Cour des comptes n’est encadrée par aucune durée de mandat, mais uniquement par une limite d’âge fixée à 68 ans. À savoir qu'Amélie de Montchalin n'en a que... 40.

Un conflit d'intérêt évident ?

Le président insoumis de la Commission des finances, Éric Coquerel, dénonce de son côté un conflit d'intérêts : "Comment la ministre actuelle pourrait-elle donner un avis crédible sur le prochain budget qu'elle a elle-même préparé ?", s’est-il interrogé sur X. Il demande même "solennellement" à Emmanuel Macron de revenir sur sa décision.

Ainsi, selon lui, le problème tient à la nature même des fonctions. La Cour des comptes est chargée d’examiner et d’évaluer la gestion des finances publiques, notamment les budgets de l’État. Or, en tant que ministre, Amélie de Montchalin a été l'une des principales artisanes du prochain budget

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