single.php

Trump - Macron : des relations qui tournent au vinaigre

Par Emmanuel Mottet

GROS PLAN SUD RADIO - Les relations entre Emmanuel Macron et Donald Trump n’ont jamais été aussi mauvaises, comme en témoigne une fois encore la moquerie crasse du président américain faite cette nuit à l'égard de notre chef d'Etat. Amis en 2017, ennemis intimes aujourd'hui : retour sur une relation parfumée de "je t’aime, moi on plus".

Donald Trump et Emmanuel Macron
Donald Trump et Emmanuel Macron ( ©PETER DEJONG - POOL - AFP)

Depuis plusieurs mois, la relation franchement amicale débutée en 2017 entre Emmanuel Macron et Donald Trump ne cesse de se tendre. Chaque jour qui passe voit la relation entre les deux hommes clairement se dégrader, quitte même parfois virer à l'humiliation publique et mondiale, comme s'amuse à le faire avec un manque de tact et d'élégance inhérent au personnage, le président américain qui cette nuit encore, a frappé en se moquant ouvertement du couple macron président de la République.

Retour sur neuf années contrastées, entre chaud et le froid, proximité et distance, l'affection puis la détestation.

Mai 2017 : une première rencontre virile mais chaleureuse

Tout commence le 25 mai 2017 au sommet de l'OTAN, à Bruxelles. Une première rencontre virile entre les deux hommes avec une poignée de main qui avait pris des allures de combat de coq, mais qui n’avait en aucun cas entaché les relations franco-américaines. Donald Trump s’était même montré élogieux à l'égard du nouveau président français : « C’est un grand honneur pour moi d’être avec le nouveau président de la France qui a mené une campagne incroyable, une victoire formidable », avait encensé Trump.

Juin 2017 : premier couac

Un premier contact globalement chaleureux qui avait vite laissé place, quelques jours plus tard, au premier coup froid. En juin 2017, le patron de la Maison-Blanche annonce sortir de l’accord de Paris sur le climat, suscitant l’indignation de nombreux pays, dont la France. Depuis l’Élysée, Emmanuel Macron avait qualifié ce retrait de "faute", adressant même un appel du pied aux scientifiques américains en déclarant : « Je veux dire ceci, vous trouverez en France une seconde patrie ». Un message qui n’avait pas plu au président américain.

14 juillet 2017 : réconciliation en grandes pompes

Pour autant, cette brouille n’avait pas duré bien longtemps. Le nuage gris avait laissé place à un jour ensoleillé de 14 juillet. Une réconciliation entre les deux hommes pour la première visite officielle de Trump en France. Ébloui par le défilé militaire, celui qui était alors le 45ᵉ président des États-Unis avait été subjugué par la parade, qualifiant même l’événement de « l’un des plus beaux défilés qu’il ait vus ». Des soldats en ordre, l’arme à la main, avaient ainsi suffi au milliardaire pour pardonner « l’offense » française.

Juin 2018 : Trump toise Macron

Mais en matière de politique internationale, tout ne se pardonne pas avec de belles cérémonies. En juin 2018, sur fond de droits de douane, l’ambiance entre les deux pays devient délétère. En plein G7, le président Trump arrive en retard et reporte même son entrevue avec le plus jeune dirigeant de la Ve République. Macron, menant la fronde européenne, finit d’agacer le Républicain et provoque son départ.

11 novembre 2018 : la macronie en prend pour son grade

Quelques mois plus tard, les relations ne sont toujours pas rétablies. Convié à la cérémonie du 11 novembre, Donald Trump fustige le macroniste sur la question d’une armée européenne. En réponse, le président français déclare : «On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne. Il faut nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des États-Unis ».

2025 : moqueries et "railleries "chambrages" en tous genres

Depuis son retour en janvier 2025, Donald Trump s’est montré souvent hostile vis-à-vis des Européens et régulièrement moqueur envers le président français. En témoigne cette scène d’octobre 2025 lors du sommet pour Gaza où, remerciant les dirigeants européens sur scène, le dirigeant américain cherche Macron : « J’aurais imaginé Emmanuel debout quelque part derrière moi, mais où est-il ? Je n’arrive pas à y croire, vous faites profil bas aujourd’hui ? », ajoute-t-il, provoquant les rires de Giorgia Meloni et Keir Starmer.

Janvier 2026 : l'humiliante imitation

Sous couvert de tensions diplomatiques entre les deux pays, notamment sur les droits de douane ou la position américaine sur la guerre en Ukraine, Donald Trump a continué sur sa lancée depuis le début de l'année 2026, quitte même à changer de braquet. Début janvier, le président républicain imite, lors d’une conférence de presse, Emmanuel Macron et joue la pleureuse en le suppliant de ne pas dévoiler aux journalistes le fait qu’il accepte d’augmenter les prix de certains médicaments.

La goutte de vin qui fait déborder le vase ?

Fin janvier, nouvel épisode en date lié à l'augmentation des taxes douanières brandies par Donald Trump pour tout pays européen - dont la France - opposé à la volonté des États-Unis d’annexer le territoire danois du Groenland. Une première lame avant d'en remettre une couche grossière, suite au refus de la France d'intégrer "Le Conseil de la paix", la nouvelle invention de Trump. Froissé dans son ego, le président américain s’empresse alors de répondre du tac au tac en menaçant Emmanuel Macron de surtaxer les vins et champagnes français de... 200% ! 

Dans la foulée, le 47ᵉ président américain publiait sur son réseau Truth Social un message envoyé par le Chef de l'Etat français, dans lequel ce dernier lui demandait une rencontre. Une humiliation de plus en mondovision avant la dernière, cette nuit, lors d'un déjeuner privé au cours duquel l'incontrôlable chef d'Etat US s'est payé le couple présidentiel français : « Macron, que sa femme traite extrêmement mal… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire », a-t-il lâché.

"Les propos que j’ai pu entendre ne sont ni élégants ni à la hauteur"

Une fois encore froissé par la décision d'Emmanuel Macron de ne pas soutenir militairement les Etats-Unis et Israël au Moyen-Orient, Trump a imité son homologue avec un accent français : « “Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée” ». En déplacement en Corée du sud, l'intéressé a réagi en déclarant : « Les propos que j’ai pu entendre ne sont ni élégants ni à la hauteur, et ils ne méritent pas de réponse ». Une classe à la française qui contraste avec le registre actuellement employé par le président américain. A quand le prochain acte ?

L'info en continu
14H
13H
12H
Revenir
au direct

À Suivre
/