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Conseil de paix : c'est quoi cette nouvelle "dinguerie" de Trump ?

Par Tania Robieu

ÉCLAIRAGE SUD RADIO - Présenté comme une nouvelle initiative internationale pour garantir la paix et la stabilité mondiale, Donald Trump entend créer un « Conseil de paix ». Derrière la promesse d’une organisation alternative à l’ONU, ce projet suscite de nombreuses interrogations.

Donald Trump
Donald Trump souhaite créer un « Conseil de paix », une institution internationale concurrente de l’ONU.(Photo by ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

La nouvelle initiative de Donald Trump suscite de vives réactions. D’abord pensée pour encadrer la reconstruction de Gaza, elle a rapidement pris une tout autre ampleur. Le président américain veut désormais créer une institution internationale concurrente de l’ONU, baptisée « Conseil de paix », qu’il entend présider lui-même. Derrière la promesse d’une organisation alternative, ce projet soulève de nombreuses interrogations.

Sur carton d'invitation !

C'est à la simple et unique invitation de Trump et de la Maison Blanche qu'il est possible de faire partie de ce Conseil de paix. La Maison-Blanche n’a pas publié de liste officielle des pays conviés mais plusieurs nations ont toutefois confirmé avoir reçu une invitation, dont la France, l’Allemagne, le Canada ou encore la Russie. La France, de son côté, « n’entend pas donner de suite favorable » à ce stade, tandis que Berlin souhaite se coordonner avec ses partenaires européens. Au total, Donald Trump aurait invité 60 dirigeants.

Trump autoproclamé président

Au cœur du dispositif, Donald Trump serait le premier président du Conseil de paix. Il serait le seul à pouvoir inviter de nouveaux États à rejoindre l’organisation et pourrait mettre fin à leur participation, sauf opposition des deux tiers des membres. Son mandat n’est pas limité dans le temps, il pourrait désigner lui-même son successeur et ne serait remplacé qu’en cas de « démission volontaire » ou d’incapacité constatée à l’unanimité d’un conseil exécutif qu’il constitue à sa discrétion.

Un ticket d'entrée à 1 milliards de dollars... en espèces !

Autre élément clé : le financement. L’accès au « Conseil de paix » ne serait pas gratuit. D’après la charte du projet, consultée par l’AFP, les États souhaitant obtenir un siège permanent au sein de cette nouvelle instance, devraient verser "plus d'un milliard de dollars en espèces". De plus, « Chaque État membre siège pour un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur », précise le projet.

Une alternative assumée à l’ONU

Le Conseil de paix se pose ainsi comme une alternative directe au cadre multilatéral existant. Là où l’ONU est jugée trop lente et trop bureaucratique, le projet revendique une prise de décision rapide et centralisée. Donald Trump a indiqué que cette initiative pourrait commencer par Gaza avant de s’étendre à d’autres conflits. Il remet en cause les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué ». Le document fait écho au rôle de l’ONU (créée au lendemlain de la Seconde Guerre mondiale, en 1945) et invite à s’en « écarter » au nom du « courage ».

"Il n’y a aucun Palestinien, ce qui est quand même un problème..."

Pour Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS, la question est avant tout politique. Sur l’antenne de Sud Radio, il a notamment pointé l’absence de représentants palestiniens, alors même que le Conseil ambitionne d’intervenir à Gaza. « Quand on regarde la composition de ce comité, on s’aperçoit d’une part qu’il n’y a aucun Palestinien, ce qui est quand même un problème », souligne-t-il. Il met également en cause une composition largement dominée par des proches de Donald Trump, évoquant « le fait que la plupart des membres de ce comité est composé en bonne partie de gens qui lui sont très très proches ».

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