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Stéphane Simon :"Avec la mort de Samuel Paty, c'est l'inconcevable qui a eu lieu"

INTERVIEW SUD RADIO : Stéphane Simon a coproduit le film L’Abandon, qui revient sur l’engrenage ayant conduit à la mort tragique de Samuel Paty. Il s'est exprimé au micro de Sud Radio

Stéphane Simon a coproduit le film L’Abandon, qui revient sur l’engrenage ayant conduit à la mort tragique de Samuel Paty. Il s'est exprimé au micro de Sud Radio
Stéphane Simon a coproduit le film L’Abandon, qui revient sur l’engrenage ayant conduit à la mort tragique de Samuel Paty. Il s'est exprimé au micro de Sud Radio

Le film "L'Abandon" est actuellement au cinéma. Il revient sur les onze derniers jours de Samuel Paty et sur l'engrenage qui a conduit à sa mort tragique. Stéphane Simon, coproducteur de ce long-métrage était l'invité d'André Bercoff et Céline Alonzo dans la Culture dans tous ses états sur Sud radio.

"Tout est exact dans ce film"

Stéphane Simon :"Ce film va permettre à chacun de regarder ce qui s'est passé, de comprendre ce qui s'est passé. C'est un film qui a un avantage, c'est qu'il met le réel au centre de de nos préoccupations. Ce n'est pas un film d'idéologie, ce n'est pas un film de moraline C'est un film qui propose à chacun de regarder précisément ce qui s'est passé. Tous les dialogues sont inspirés parfois d'un mail ou parfois d'un dialogue qui a été rapporté mais tout est exact dans ce film. Chacun va se faire une opinion et effectivement on peut se dire que oui ce titre n'est pas tout à fait un hasard"

"L'inconcevable a eu lieu"

"En 2020 pour beaucoup de gens c'était parfaitement inconcevable qu'un professeur en France, au 21e siècle, se fasse décapiter. Et entre nous on peut se dire une chose c'est que c'est vrai que c'était absolument inconcevable. C'est vrai que c'est une somme d'irresponsabilité que montre ce film. Quand on est face à une déferlante comme celle-là, on s'attend à ce qu'il y ait des réflexes qui n'ont pas eu lieu. En tout cas ça n'a pas fonctionné.

"Une élève a raconté n'importe quoi sur Samuel Paty"

"Ce père de famille a été complètement aveuglé par le mensonge de cette gamine qui est une gamine à problème, une enfant qui a eu douze inscriptions à son bulletin de scolaire en un mois et demi. Rendez-vous compte ça fait presque une inscription tous les trois jours. Et cette gamine elle est restée dans son mensonge. Elle a raconté n'importe quoi. Elle a dit que Samuel Paty avait discriminé et qu'il avait demandé finalement aux élèves musulmans de sortir. Ce qui est une absolue bêtise"

"Et évidemment, partant de là, on peut se dire que trop de gens ont fait confiance à une enfant qui a 13 ans, trop de gens ont considéré qu'évidemment c'est plutôt la parole de l'élève que du professeur qu'il fallait entendre. Et puis évidemment trop peu de gens se sont posé des questions sur ce qui arrivait. Samuel Paty va se retrouver de plus en plus seul et sous cet engrenage. Vous savez, au moment des faits, tout le monde s'est emballé, chacun s'est retranché derrière son « clan ». C'est horrible d'ailleurs, parce que la plupart des familles musulmanes, elles n'ont pas marché dans la combine de cet islamiste"

"Pour autant, est-ce qu'on a donné les moyens aux professeurs ?"

"Ce qui était inconcevable en 2020 dans les plus hautes instances de l'éducation nationale ou du ministère de l'Intérieur, ne l'est plus aujourd'hui. Donc il y a forcément une leçon qui a été tirée. Pour autant, est-ce qu'on a donné les moyens aux professeurs ? Est-ce que pour autant on donne les moyens aux chefs d'établissement ? Est-ce qu'on vous garantit que tout va bien se passer dans l'avenir ? Je crois que là, je ne mettrais pas ma main au feu, en vous disant que c'est réglé, que les problèmes sont derrière nous. Je ne dirais pas, comme l'a dit Monsieur Blanquer qu'il y a un avant et un après Samuel Paty"

"Des collègues professeurs n'ont pas eu un comportement brillant"

"Il ne faut pas généraliser l'attitude de ces collègues, parce qu'il y a des gens qui ont soutenu Samuel Paty. Et puis il y en a d'autres qui ont eu un comportement qui n'était vraiment pas brillant, qui doivent certainement aujourd'hui avoir de la peine à se regarder devant la glace. Il y a des gens qui, par idéologie, n'avaient pas envie de cautionner. Puis il y en a d'autres qui, tout simplement, voyaient les problèmes arriver aux portes de l'école. Malheureusement, quand l'histoire s'accélère, vous avez des gens qui se sentent pousser des ailes dans ces périodes-là, puis d'autres qui se sentent pousser, au contraire, à la lâcheté"

Retrouvez le replay de l'interview juste ici

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