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"Le résultat de l'élection quoi qu'il arrive risque d'être chaotique", avertit Anne Toulouse

Par Adélaïde Motte

Primaires pour les élections américaines : Stéphanie de Muru en parle avec Anne Toulouse et Gérald Olivier sur Sud Radio le 21 février 2024.

élection
Anne Toulouse et Gérald Olivier invités de Stéphanie de Muru dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Anne Toulouse, journaliste, spécialiste des États-Unis, auteur de l’art de Trumper, éd. du Rocher, et Gérald Olivier, journaliste franco-américain, auteur de Cover Up, éd. Konfident, analysent les primaires à l'élection américaine avec Stéphanie de Muru.

Duo Trump-Biden pour l'élection américaine : "le résultat est un peu acquis d'avance"

Cet été auront lieu les primaires américaines, avant l'élection présidentielle de novembre. Pour Anne Toulouse, "on voit un Joe Biden de plus en plus affaibli, il y a de plus en plus de pressions pour qu'il laisse la place, mais à qui ? Du côté de Donald Trump, lui ne décrochera pas, il est en train de moissonner des délégués." Résultat, Joe Biden veut également rester dans la course, alors que, selon Anne Toulouse, "c'était à lui de se retirer, il avait dit qu'il ne ferait qu'un seul mandat." Gérald Olivier ajoute que "l'élection de 2020 était une élection pour faire partir Donald Trump, les démocrates en ont profité pour mettre un candidat qui allait être élu par défaut, qui serait là pour faire qu'un seul mandat et qui ferait qu'on n'aurait pas un deuxième mandat de Trump." Pour l'élection de 2024, "comme côté Républicains ce sera Trump, les démocrates s'en tiennent à Joe Biden."

Pourquoi se maintient-il, la relève existe-t-elle ? "Vous avez au moins une dizaine de candidats qui sont prêts à se lancer, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de relève, ils n'osent pas se présenter puisque le parti n'est pas derrière eux." Gérald Olivier le confirme, les matches de ces primaires sont quasiment joués d'avance. D'un côté, dans tous les Etats où il s'est présenté, Donald Trump "a gagné à chaque fois avec une majorité absolue", de l'autre, Biden s'est trouvé face à "des candidats qui sont passés totalement inaperçus." "Le résultat de l'élection quoi qu'il arrive risque d'être chaotique", annonce Anne Toulouse. D'un côté, "on a des gens qui sont totalement passionnés", mais de l'autre, "vous avez un grand tiers qui est indépendant, vous avez tous ces gens qui regardent la politique et qui sont consternés." Ce tiers indépendant a du mal à trouver un candidat qui lui convienne, même si certaines initiatives existent. "Vous avez des candidats indépendants, pour l'instant c'est vrai qu'ils ne sont pas très rassembleurs. Vous avez un groupe de politiciens qui essaient de monter un troisième parti."

Donald Trump fait face à "des poursuites politiques"

Donald Trump est un candidat assez gênant pour le parti républicain, à cause d'un certain nombre de procès, qu'il s'agisse d'inconduite sexuelle ou de fraude financière. Anne Toulouse rappelle que ces condamnations, pour lesquelles il a fait appel, lui infligent des pénalités qui le mettent "dans une situation financière assez délicate. On se demande un peu comment il va les payer, les intérêts s'accumulent, il ne peut pas utiliser les fonds de campagne pour payer ça." De plus, sa cote de popularité pourrait chuter avec les deux procès à venir : celui pour l'insurrection, ou l'émeute, au Capitole, et celui pour avoir essayé de manipuler les résultats de 2020. Or, si "les primaires se gagnent aux extrêmes", les élections générales en revanche "se gagnent au centre." Anne Toulouse ajoute que "ceux-là se disent que ça fait quand même beaucoup, c'est un homme qui va passer plus de temps au tribunal que dans la campagne." Pour Gérald Olivier, "la stratégie des démocrates elle est très claire, c'est de l'empêcher d'être candidat, ou de l'empêcher de faire campagne. Les poursuites dans l'Etat de New-York ce sont des poursuites politiques, par des magistrats qui veulent lui faire la peau." Certains motifs invoqués dans les procès n'ont d'ailleurs jamais été invoqués pour personne d'autre.

Donald Trump porte également le tort d'avoir porté "le coup de canif au principe démocratique", en affirmant que les élections de 2020 avaient été truquées, pense Anne Toulouse. Toutefois, pour Gérard Olivier, "le premier coup de canif il vient pas de Trump, il vient de ses adversaires." "Hilary Clinton avait soutenu qu'on lui avait volé l'élection", notamment en se basant sur le vote populaire. Par la suite, "Donald Trump a fait face à une sorte de coup d'Etat de l'intérieur", avec les soupçons d'ingérences russes dont on sait aujourd'hui qu'ils étaient infondé. Ce coup d'Etat "l'a pénalisé pendant les deux premières années de sa présidence." Enfin, Gérald Olivier rappelle, en 2020, "l'interférence du FBI dans la campagne pour masquer les révélations contenues dans le fameux ordinateur d'Hunter Biden, alors que si ces révélations avaient été mises au jour Joe Biden n'aurait jamais été président." Si Anne Toulouse qualifie ces assertions d'"analyse conspirationniste", il affirme que "tout ça est parfaitement documenté, des journaux parfaitement respectables ont reconnu que pendant la campagne 2020 il y avait eu un certain nombre d'ingérences."

"Si vous voulez une Amérique faible, vous votez Biden"

Le résultat de l'élection américaine sera en tout cas de première importance pour le monde. Pour Gérald Olivier, "une immense majorité d'Américains estiment que le pays est en mauvais état, l'Amérique va très mal et ce n'est pas une question de perception, c'est une question de réalité, aujourd'hui le rêve américain est devenu inaccessible. Vous avez une révolution culturelle et une révolution économique, ces deux révolutions amènent l'Amérique dans le mur." Pour Anne Toulouse "l'économie c'est le moteur des élections et pour l'instant elle est très volatile." C'était d'ailleurs l'un des atouts de Trump au début de son mandat "tout allait bien, le chômage était très bas, le niveau de vie augmentait", avant que le Covid-19 ne vienne tout bouleverser. Pour le mandat de Joe Biden en revanche, "si vous regardez sur le papier les chiffres sont bons, c'est le ressenti qui est mauvais." Les taux d'intérêt montent, "les jeunes couples ne peuvent pas acheter une maison", et les journalistes du Washington Post, qui affirmaient pourtant que la situation économique était florissante, ont dénoncé l'inflation lors de leur grève.

Quant à la situation géopolitique, "aujourd'hui l'Amérique est faible, si le monde va mal c'est que l'Amérique est faible", affirme Gérald Olivier. Anne Toulouse ne croit pas à la promesse de Trump de résoudre le conflit en Ukraine en 24 heures. "une paix immédiate en Ukraine ce serait satisfaire en partie aux exigences de la Russie", avertit Anne Toulouse. Elle ajoute que "il y a quand même une grande crainte sur ce qu'il pourrait faire. Je n'arrive pas à comprendre comment l'Amérique serait plus forte en étant isolationniste." Gérald Olivier, lui, réfute ce terme. "Il est pour l'Amérique d'abord, ce qui n'est pas forcément l'attitude de l'administration actuelle, il n'est pas isolationniste."

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