Une semaine après avoir été balayé par le Paris SG et quatre jours après le départ de Roberto De Zerbi, l'OM, dirigé par l'intérimaire Jacques Abardonado a été tenu en échec samedi à domicile par Strasbourg (2-2), qui a égalisé sur penalty dans le temps additionnel.
Nouveau coach, mêmes défauts: tout au long de la saison, en Ligue des champions comme en championnat, l'OM de De Zerbi a abandonné des points dans des fins de match mal maîtrisées: cela a notamment été le cas contre Rennes (1-0), contre Lyon (1-0), contre Angers (2-2), contre Toulouse (2-2) et face au Paris FC (2-2).
Après le départ en milieu de semaine du technicien italien et en attendant l'arrivée d'un nouveau coach (Habib Beye ?), c'est Jacques "Pancho" Abardonado qui dirigeait les Olympiens samedi et il a subi la même malédiction.
Mené 2-0, Strasbourg est en effet d'abord revenu à 2-1 grâce à Sebastian Nanasi, sur un but heureux, d'une frappe qui a fini en lucarne grâce à la déviation de Pierre-Emile Hojbjerg (74e).
Et au bout du temps additionnel, alors que Marseille semblait tenir sa précieuse victoire, Emerson a commis une faute grossière dans sa surface et offert le penalty de l'égalisation à Joaquin Panichelli (2-2, 90+7e).
Il faut donc croire que même deux buts d'avance ne sont pas assez pour cet OM dont la fragilité défensive et mentale aura été une constante cette saison.
- Triste ambiance -
Les banderoles déployées par les supporters marseillais, au Stade Vélodrome, à Marseille, le 14 février 2026
Thibaud MORITZ - AFP
Et elle coûte cher, samedi encore. Car au lieu de se relancer pleinement dans la course au podium et de laisser derrière lui la crise des derniers jours, l'OM reste dans le doute, à la quatrième place et avec la crainte de voir Lyon accentuer son avance en cas de succès dimanche contre Nice.
La réconciliation avec les fans marseillais est donc remise à plus tard et les joueurs ont pu constater samedi qu'il y avait du travail...
Car si à leur entrée sur la pelouse pour l'échauffement, les Marseillais n'ont pas été sifflés par le public, c'est parce qu'il n'y avait pas de public. En guise de protestation, les supporters des deux virages ne sont en effet entrés qu'après un quart d'heure de jeu.
Auparavant, leurs banderoles avaient parlé pour eux. "McCourt/Longoria cassez-vous !", pouvait-on ainsi lire en bas du Virage Nord. De l'autre côté, en haut du Virage Sud, les South Winners avaient eux écrit: "Vous avez fait sauter le fusible, mais c'est tout le système qui est pourri".
Ensuite, quand les joueurs sont sortis du tunnel, au moment de l'un des "Jump" les plus tristes depuis l'époque du Covid et des matches à huis-clos, les tribunes latérales ont sifflé très fort. Les noms des joueurs ont été conspués, alors que celui d'Abardonado a été applaudi.
- Les choses simples -
L'attaquant de Strasbourg Joaquin Panichelli (G) inscrit un pénalty face à l'OM, à Marseille, le 14 février 2026
Thibaud MORITZ - AFP
Dans ce contexte, le début de match marseillais a logiquement été assez fébrile, avec un gros danger dès la 5e minute, quand la tête de Martial Godo a touché le poteau.
Mais l'OM s'en est sorti en suivant le précepte d'Abardonado vendredi: "faire des choses simples", comme par exemple passer le ballon à Mason Greenwood.
A la 14e minute, c'est ce qu'a fait Amine Gouiri et l'Anglais a marqué d'un formidable ballon piqué du droit, son moins bon pied, lui qui n'en a pas de mauvais (1-0).
Juste après le repos, Gouiri a ensuite donné deux buts d'avance à l'OM, bien aidé par la très passive défense strasbourgeoise (2-0, 47e).
Mais cela n'a pas suffi et après avoir beaucoup reculé et gâché quelques munitions (Paixao, 90+1), Marseille a donc craqué, encore.
La suite se jouera dans une semaine à Brest et d'ici-là, Abardonado et le futur coach vont devoir continuer à soigner les têtes.
Par Stanislas TOUCHOT / Marseille (France) (AFP) / © 2026 AFP