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"Réduire le crédit d'impôt, c'est rouvrir les vannes du travail au noir" - Loïc Gobé

INTERVIEW SUD RADIO - Alors que les discussions budgétaires reprennent, le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile pourrait de nouveau être visé par des mesures d'économies : une mesure incompréhensible selon Loïc Gobé

crédit d'impôt
Un crédit d'impôt simplifié pour les services à la personne. (c) AFP

Alors que les discussions budgétaires reprennent, le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile pourrait de nouveau être visé par des mesures d'économies, selon Le Figaro. Ce dispositif, qui permet à environ 4 à 5 millions de foyers de récupérer jusqu'à 50 % de leurs dépenses de ménage, garde d'enfants ou soutien scolaire, coûte chaque année autour de 6 à 7 milliards d'euros à l'État, un montant qui en fait une cible récurrente des rapporteurs du budget. Loïc Gobé, président de la Fédération des entreprises de services à la personne était l'invité des débats de l'été sur Sud Radio.

"On a du mal à comprendre pourquoi on attaque un système qui fonctionne"

"A l'approche du budget, les services à la personne sont de nouveau attaqués. Donc ça devient un petit peu un rituel budgétaire. La vraie question, c'est pas de savoir ce que coûtent les services à la personne. La vraie question, c'est de mesurer ce que ça rapporte à la société et ce que ça coûterait de les affaiblir aujourd'hui. Parce que les services à la personne, c'est pas une niche fiscale, c'est vraiment une politique publique. Et vous l'avez rappelé, les services à la personne, ça accompagne les Français tout au long de leur parcours de vie"

"Ce sont les familles, les enfants, c'est les actifs, c'est les personnes âgées, c'est les personnes en situation de handicap, c'est les aidants, mais c'est aussi tous ceux qui ont besoin d'organiser leur quotidien. Donc c'est vraiment un serpent de mer, on a du mal à comprendre pourquoi on attaque un système qui fonctionne"

"On les renvoie vers le travail au noir"

"La raison pour laquelle ce crédit d'impôt a été mis en place c'était pour sortir de la précarité du travail au noir toutes les personnes qui travaillaient déjà dans ce secteur-là. Donc en fait, ce serait la conséquence mécanique, c'est de les renvoyer vers le travail au noir. Ça représente à peu près un million et demi de salariés quand même"

"C'est une structure invisible en fait. On les remarque pas quand tout fonctionne. Par contre, le jour où ça commence à être un petit peu malmené, on se rend compte immédiatement de l'impact et de l'importance que ça a dans la vie de tous les Français"

"Il faut commencer par mesurer sérieusement les conséquences économiques"

"Alors si on réduit considérablement le crédit d'impôt, on rouvre les vannes du travail au noir. Si on le réduit un tout petit peu, on crée ce qu'on appelle le travail au gris. C'est-à-dire qu'on va conserver une partie déclarée et une partie non déclarée chez les mêmes bénéficiaires. Donc en fait, il ne faut pas réduire les services à la personne au crédit d'impôt"

"Le crédit d'impôt, c'est qu'un outil. Et nous, ce qu'on veut, d'abord défendre, c'est la politique publique qui est mise en avant et qui permet de faire vivre tous ces Français, de maintenir les gens à domicile quand ils vieillissent, de permettre aux gens d'aller travailler pour faire garder leurs enfants. Donc si on veut modifier un outil il faut commencer par mesurer sérieusement les conséquences économiques, sociales et budgétaires de la modification"

"Quand vous allez devoir hospitaliser de manière beaucoup plus fréquente ou de manière beaucoup plus anticipée toutes ces personnes-là, et bien, ça va avoir des coûts sur les finances publiques, bien plus importantes que l'économie qui aura été réalisée"

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