C'est l'un des virus les plus redoutables de la planète. La semaine dernière, un premier cas d'Ebola a été diagnostiqué sur le sol français. Il s'agit d'un médecin humanitaire de l'ONG Alima, de retour d'une mission en République démocratique du Congo. Quasi asymptomatique à son embarquement à Kinshasa, son état s'est dégradé durant le vol. Alors que l'épidémie continue de progresser en RDC, cinq passagers du même avion ont été placés à l'isolement en France. Peut-on guérir d'Ebola ? Entretien avec le Dr Daniel Scimeca, médecin généraliste, au micro de Sud Radio.
"Un taux de létalité de 50%"
"Le virus Ebola a une contagiosité absolument épouvantable", explique le Dr Daniel Scimeca. "Le virus présente également un taux de létalité très élevé : "50%, c'est énorme. On peut voir le verre à moitié plein, le verre à moitié vide, mais 50%, c'est vraiment gigantesque", rappelle le médecin.
La contamination s'effectue "par contact, par le sang, par les rapports sexuels, par la sueur, par tous les liquides corporels, mais aussi par les objets touchés par des personnes contaminées. Autant dire que c'est une contagiosité tous azimuts".
"Il n'y a pas de traitement efficace, ni de vaccin"
"Pour l'instant, il n'y a pas de traitement efficace, ni de vaccin", explique le Dr Daniel Scimeca. "Il s'agit de traitements symptomatiques. En gros, si le patient ne décède pas, il guérit. C'est un peu idiot à dire, mais c'est comme ça que ça se passe. Il y a des mesures de réanimation, de réhydratation et toute une série de soins qui permettent d'éviter au maximum que le patient décède le temps qu'il guérisse".
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois lancé un essai clinique portant sur deux approches thérapeutiques : les anticorps monoclonaux et le "recyclage" du remdesivir.
Un risque d'épidémie en France ?
Le docteur se veut rassurant : "Pour l'instant, il ne s'agit pas d'un cas strictement français. Il n'y a pas de transmission interhumaine du virus Ebola sur le territoire français. Il s'agit d’un cas importé. Il faut garder son calme. On peut, pour l'instant, dormir tranquille, ou du moins de façon vigilante".