C'est une situation inédite : le gazole n'a jamais atteint un tel niveau en France, avec un prix moyen de 2,19 euros le litre. Une hausse spectaculaire qui fait également grimper l'inflation. En mars, les prix à la consommation ont ainsi progressé de 1,7% sur un an.
Les syndicats montent au créneau : la CFDT et la CGT réclament respectivementun blocage des prix de l'énergie et des aides ciblées pour les salariés.
"500 euros de carburant par mois !"
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates et concrètes. Même en travaillant, de nombreux Français peinent à s'en sortir. Caroline, mère célibataire de deux enfants, en est un exemple frappant : "500 euros de carburant par mois, c'est énorme ! Je suis sous-directrice dans une entreprise d'entretien. J’ai des tournées à faire, donc je parcours environ 150 kilomètres par jour."
Les yeux rivés sur son téléphone pour trouver la station la moins chère, elle poursuit : "2 euros le litre d'essence… Je dois faire énormément de sacrifices."
"Moins de vacances à la fin de l'année, moins de viande"
Même constat pour Yasmina, infirmière de nuit et mère de trois enfants. Dans son foyer, les dépenses contraintes s'accumulent : "Nous avons un crédit à rembourser et deux voitures, parce que nous sommes obligés d'aller travailler."
Conséquence : des choix difficiles au quotidien. "Cela veut dire moins de vacances à la fin de l'année, peut-être aussi un peu moins de viande. Le budget est serré : l'énergie, l'électricité sont hors de prix ! Maintenant, c'est l'essence. On fait comment ?"
"On ne peut plus sortir les enfants comme on le souhaite"
Face à la hausse des prix, ce fonctionnaire s'adapte et modifie ses habitudes : "Je me limite aux trajets entre le travail et la maison. Pour toutes les autres activités, j'essaie d'utiliser les transports en commun. On ne peut plus sortir les enfants comme on le souhaite. Au lieu de faire les courses chaque semaine, nous les faisons toutes les deux semaines afin d'optimiser l'utilisation du carburant."
"Des collègues qui parlent déjà de s'absenter"
Le téléphone de Kadar Benayed, représentant du syndicat Sud Santé, ne cesse de sonner, avec au bout du fil des soignants très inquiets : "Des collègues parlent déjà de s'absenter et ne savent pas comment faire pour venir travailler." Lui aussi plaide pour des mesures en faveur des salariés.
Face à la hausse des prix du carburant, les mobilisations se poursuivent avec un troisième jour de manifestation des chauffeurs routiers. Également en colère, les pêcheurs sont appelés à cesser leur activité aujourd'hui. La nuit dernière, des agriculteurs ont mené une opération coup de poing en Ariège.
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