La guerre en Iran, déclenchée par les frappes israéliennes et américaines il y a près d'un mois, et qui embrase tout le Moyen-Orient, se poursuit au grand dam de nombreux acteurs de divers secteurs industriels, qui en subissent les conséquences de plein fouet.
Si l'ensemble des ménages français sont impactés par la hausse des prix de l'énergie, en particulier les automobilistes qui voient jour après jour les prix des carburants monter en flèche, certains secteurs se retrouvent véritablement en première ligne face à ce phénomène.
Routiers, chauffeurs de taxi, infirmiers... l'impact majeur du carburant
Les professions fortement dépendantes des déplacements, comme les routiers, les chauffeurs de taxi ou encore les infirmiers libéraux, sont parmi les premières touchées. Depuis le début du conflit, le prix du gazole a grimpé en moyenne de plus de 16 %, alourdissant brutalement leurs charges.
Des tournées en trottinette
Une situation telle que certains infirmiers libéraux sont contraints de faire une partie de leur tournée en trottinette, comme témoigne Jean-Sébastien Nizou (Convergence Infirmière) au micro de Lionel Maillet, correspondant à Marseille : "À Marseille, c'est possible, mais dans certains départements comme en Lozère, vous faites jusqu'à 300 km par jour. Ça devient insoutenable"
Dans le transport routier, où le carburant représente environ un quart des coûts, l’impact est immédiat. Les professionnels du secteur alertent : une hausse aussi rapide peut fragiliser, voire mettre en danger, les entreprises les plus vulnérables.
🇮🇷 Guerre en #Iran : quel impact sur le marché automobile ?
— Sud Radio (@SudRadio) March 14, 2026
🚗 Francois Roudier (OICA) : "Avec Ormuz bloqué, pour les constructeurs chinois c'est 16% de leur marché qui ne peut pas passer" #OnParleAuto
➡️Suivez le direct : https://t.co/LIMgdJRBVG
☎️Réagissez au 0826 300 300 pic.twitter.com/JXLu7tAc4h
Le secteur agricole en première ligne
Autre secteur lourdement impacté : l'agriculture. La suspension du trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du commerce mondial des engrais, risque de réduire leur disponibilité. La France, dépendante d’importations liées à cette zone, pourrait être indirectement touchée. Déjà, les prix de l’urée, un engrais clé, repartent à la hausse, atteignant 578 euros la tonne contre 537 euros début février.
Par ailleurs, comme de nombreux autres secteurs, les agriculteurs pâtissent lourdement de l'explosion des prix du carburant. "Une voiture consomme 5 à 8 litres au 100 km, mais nos tracteurs montent à 25, 30 voire 40 litres à l’heure. Le GNR a doublé, passant de 0,70 à 1,40 euro, ce qui représente jusqu’à 600 euros de plus par jour sur un chantier", témoignait justement la semaine dernière Patrick Legras, président de la Coordination Rurale des Hauts-de-France, au micro de Maxime Lledo dans le Grand Matin Week-end.
"On est passé de 3 500 à plus de 8 000 euros "
"En trois semaines, on est passé de 3 500 à plus de 8 000 euros pour le carburant. Et en plus, on fait face à une pénurie : on ne nous livre qu’une partie de ce dont on a besoin", a-t-il ajouté
📈Hausse des prix de l’énergie : les agriculteurs, victimes collatérales de la fermeture du détroit d’Ormuz
— Sud Radio (@SudRadio) March 22, 2026
🗣️Patrick Legras, (président de la Coordination Rurale des Hauts-de-France) : "On est passé de 4 000 euros à 8 500 euros de gaz routier"
☎️ Réagissez au 0 826 300 300
📻… pic.twitter.com/wDOkAKrkz2
Autre secteur agricole impacté : la viticulture. Le coût de production est fortement impacté, comme l’a expliqué Jean-Christian Tisserand, professeur à la School of Wine & Spirits Business de Dijon, au micro de Mathéo Lamblot ce mercredi matin : "La partie transport et réfrigération est impactée. Si la situation en Iran n'est pas résolue rapidement, elle peut se propager au reste de l'économie"
Artisans, pêcheurs, sidérurgie...
Les secteurs industriels gourmands en énergie, à l’image de la chimie, de la sidérurgie ou de la verrerie, subissent eux aussi de plein fouet cette nouvelle flambée. Déjà éprouvées par la hausse des prix de l’énergie consécutive à la guerre en Ukraine, ces industries se retrouvent à nouveau en difficulté face à l’augmentation des coûts de production.
Mais au-delà des grands groupes industriels, c’est tout un pan de l’économie qui vacille. Les artisans, notamment dans le bâtiment ou les travaux publics, voient leurs dépenses de carburant et de matières premières s’envoler, rendant certains chantiers moins rentables, voire déficitaires.
Du côté des pêcheurs, la situation est tout aussi critique : le coût du carburant, indispensable pour prendre la mer, représente une part considérable de leurs charges, au point que certaines sorties ne sont plus jugées viables économiquement.
⛽️ Prix du carburant
— Sud Radio (@SudRadio) March 10, 2026
🗣️ Christophe, auditeur : "L'argent que les citoyens vont mettre dans le carburant, ils ne vont pas le mettre dans la consommation et ça va accentuer le risque de faillite pour les PME." #LesVraiesVoix
☎️ 0 826 300 300
📺 https://t.co/RSXgmlsxJC pic.twitter.com/boWWIPm8io
Cette hausse généralisée fragilise également les petites et moyennes entreprises, souvent moins armées pour absorber de tels chocs. Entre augmentation des coûts, difficulté à répercuter ces hausses sur les prix finaux et incertitudes sur l’approvisionnement, de nombreux professionnels redoutent un effet domino sur leur activité. À court terme, certains évoquent déjà des réductions d’activité, voire des arrêts temporaires, tandis qu’à plus long terme, c’est la pérennité de certaines filières qui pourrait être remise en question.