Mitra Hejazipour est franco-iranienne. En 2019, elle décide de jouer sans son hijab au championnat du monde des échecs, une discipline dans laquelle elle excelle, à Moscou. Depuis, sa vie bascule. Elle témoigne au micro de Sud Radio.
Mitra Hejazipour : « je ne voulais pas être instrumentalisée »
En 2019, Mitra Hejazipour choisit de jouer une partie d’échec sans son hijab. Derrière cette discipline dans laquelle elle excelle, se jouait en réalité une autre partie d’échec. Face aux Mollahs d’Iran. La partie d’une vie. "Quand je suis arrivé dans la salle, j’avais déjà pris ma décision. J’étais déterminée. Garder le silence c’est être complice de ce régime, et de ce qui se passe en Iran. Juste avant ce tournoi, il y avait un mouvement des femmes qui ont retiré leur voile. Ce mouvement m’a beaucoup inspiré, et j’ai pensé que je devais moi aussi montrer mon opposition à ce régime" explique-t-elle au micro de Sud Radio.
Dans les compétitions internationales, "je représentais mon pays et ce régime. Je ne voulais pas être leur marionnette, être instrumentalisée. D’où cet acte. Quand je vois ce qui se passe aujourd’hui, je vois le courage du peuple iranien qui met sa vie en péril. Il aspire à la liberté, il ne veut plus du régime islamique. Il réclame la fin de ce régime" ajoute Mitra Hejazipour au micro de Sud Radio.
"J’ai reçu des menaces"
Evidemment, raconte-t-elle, un tel acte a provoqué une réaction, classique, du régime iranien. La réaction type d’un régime totalitaire. "J’ai reçu des menaces. Au début on me demandait de suivre les règles, d’être obéissante. On m’a aussi proposé des choses. Et à la fin, des menaces plus graves : m’empêcher de jouer, de faire partie de l’équipe internationale, expliquer que j’aurai des problèmes, que ma famille aurait des problèmes" lance encore Mitra Hejazipour.
S’agissant de sa famille, elle se rappelle de la réaction de sa mère. "Elle m’a appelé, elle était en train de pleurer. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pourrai plus retourner en Iran. J’étais consciente des conséquences même si ça n’est pas si clair. En Iran, tout est arbitraire. Je ne regrette absolument pas ce que j’ai fait. Mais je me demande encore pourquoi je ne l’ai pas fait avant" conclut-elle.
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