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Merckx, Thévenet, Aimar,… Le Ballon d'Alsace, ce col mythique du Tour de France qui n'a pas pris une ride

En repassant aujourd'hui par le Ballon d’Alsace à l'occasion de la 13e étape, le peloton 2026 du Tour de France rend hommage à plus d’un siècle d’histoire. Un véritable sanctuaire du cyclisme où les plus grands s'y sont imposés, à l'image de Pottier, Merckx, Thévenet ou encore Aimar.

Eddy Merckx lors du Tour de France 1969
Eddy Merckx lors du Tour de France 1969 (AFP)

Le Ballon d’Alsace n’est pas seulement un col : c’est une page vivante du Tour de France, que chaque passage réécrit un peu plus. En empruntant aujourd'hui à l'ocassion de la 13e étape ce premier col franchi dans l'histoire de la Grande Boucle (Col de 1ère catagorie, 6,9% de moyenne sur 8,9km), Pogacar, Seixas, Vingegaard et Compagnie vont rouler sur les traces des plus grands. C’est en effet ici, en 1905, que le Tour de France découvre pour la première fois la haute montagne. Un acte fondateur, presque sacré.

Ce jour-là, un homme ouvre la voie : René Pottier. Il grimpe comme personne ne l’a jamais fait, avec une aisance qui sidère les suiveurs. Pottier devient le premier héros du Ballon d’Alsace, un pionnier dont l’ombre plane encore sur les lacets du col.

Un véritable juge de paix

Dans les décennies qui suivent, le Ballon d’Alsace devient un révélateur de champions. Henri Pélissier s'y impose son panache en 1914, Antonin Magne, futur double vainqueur du Tour, y forge sa réputation en 1930. En 1933, le petit grimpeur espagnol Vicente Trueba, surnommé « le Roitelet », y fait sensation. Ces années-là, le Ballon d’Alsace n’est pas seulement un col : c’est un juge de paix. On y perd des Tours, on y gagne des surnoms, on y devient quelqu’un.

Merckx, Thévenet, Aimar au sommet

À partir des années 60, le col vosgien accueille des arrivées d’étape qui entrent dans la légende. Lucien Aimar y triomphe en 1967. Eddy Merckx, le Cannibale, y écrase tout en 1969, dans une démonstration de force qui marque les esprits. Bernard Thévenet y signe une victoire en 1972, prélude à ses futurs exploits contre Merckx. En 1979, Pierre-Raymond Villemiane complète la série des héros français du Ballon.

À chaque passage, le col semble choisir son champion, comme s’il reconnaissait les plus grands.

Moins de noms clinquants au XXIe siècle

Depuis le début du XXIe siècle, le Ballon d’Alsace n’a rien perdu de son pouvoir. Le col continue de sélectionner, de trier, de révéler. Rien n’a changé, ou presque, même si sa légende récente manque de noms clinquants passés en tête au sommet. En 2005, c'est Mickaël Rasmussen (tombé ensuite pour dopage) qui y vire ''en pole'', suivi en 2019 par Tim Wellens, puis en 2023 par Giulio Ciccone, nouveau visage des grimpeurs modernes.

Respect, crainte et envie

Aujourd’hui, la 13ᵉ étape du Tour 2026 va donc repasser par ce géant vosgien. Les coureurs le graviront comme on entre dans une cathédrale : avec respect, crainte et l’envie secrète d’y flamber (même si l'arrivée sera jugée 25km plus bas) car le Ballon d’Alsace n’est pas un simple col. C’est un sanctuaire du cyclisme, un lieu où les champions deviennent des mythes.

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