Lionel Messi, 39 ans et toutes ses jambes
À 39 ans, Lionel Messi a livré l'un des Mondiaux les plus complets de sa carrière, sans parvenir à décrocher la troisième étoile qui l'aurait définitivement placé à part dans l'histoire du football. Décisif toutes les 52 minutes en moyenne sur l'ensemble du tournoi, il a inscrit huit buts, dont un triplé pour son entrée en lice, et quatre passes décisives, dont deux pour renverser la demi-finale face à l'Angleterre alors que l'Albiceleste est menée 1-0, aux 85e et 92e minutes. Battu en finale, Messi est finalement élu deuxième meilleur joueur du tournoi, derrière Rodri, après avoir été élu homme du match sur six des huit matchs qu’il a disputés.
Rodri, le sacre d'un patron discret
Longtemps freiné par une saison en club tronquée par les blessures, Rodri a répondu présent au meilleur des moments. Le milieu de terrain espagnol a été désigné meilleur joueur du tournoi à l'issue d'une finale où l'Espagne a dominé les débats face à l'Argentine. Sa maîtrise du tempo et sa capacité à verrouiller l'entrejeu ont structuré le jeu de la Roja tout au long de la compétition, sans éclat individuel ostentatoire mais avec une régularité rare à ce niveau. Il devient le symbole d'une Espagne collective, généreuse et étouffante, qui a également placé Unai Simon et Pau Cubarsi parmi les lauréats des récompenses individuelles. Un accomplissement d'autant plus marquant qu'il intervient après une période où sa présence en sélection avait parfois été questionnée pour raisons physiques.
Kylian Mbappé, le Soulier d'or de la désillusion
Statistiquement, Kylian Mbappé restera comme le grand artisan de ce Mondial 2026. Avec dix buts inscrits, il remporte le Soulier d'or pour la deuxième fois de sa carrière après 2022, devenant le premier joueur de l'histoire à conserver ce trophée d'une édition à l'autre. Son doublé lors de la petite finale face à l'Angleterre, lui permet également de porter son total à 22 buts en Coupe du monde, un record absolu qui dépasse un certain Lionel Messi et tous les buteurs historiques de la compétition. À ces dix buts, dont trois doublés, l’attaquant du Real Madrid ajoute également quatre passes décisives à son compteur et se classe à la deuxième place du classement comme Lionel Messi et comme troisième meilleur joueur du tournoi après Rodri et la Pulga.
Erling Haaland, le cyborg qui « place la Norvège sur la carte »
Longtemps absent des grandes phases finales internationales faute de qualification norvégienne, Erling Haaland a marqué son premier Mondial de son empreinte. Auteur de sept buts en cinq matches, le géant norvégien élimine presque à lui seul le Brésil de Carlo Ancelotti avec un doublé en fin de rencontre, le troisième de son tournoi. Il porte alors la Norvège jusqu'à ses premiers quarts de finale depuis 28 ans avant que l'aventure ne s’arrête face à l’Angleterre où il reste muet pour la seule et unique fois du Mondial. « On a mis la Norvège sur la carte », retient le géant norvégien qui « espère pouvoir construire quelque chose pour l'Euro et les prochaines Coupe du monde ».
Pau Cubarsi, le meilleur jeune
Après sa victoire aux Jeux Olympiques en 2024 et pour sa première participation à une Coupe du monde, le défenseur central du FC Barcelone a été désigné meilleur jeune joueur du tournoi par la FIFA. À 19 ans il est devenu un pilier de la défense espagnole aux côtés d’Aymeric Laporte. Le symbole de sa finale : un sauvetage inespéré dans sa propre surface à la 120e minute, alors que l'Argentine cherchait l'égalisation en toute fin de prolongation. Sans ce geste défensif, la Roja aurait pu voir filer son sacre, le deuxième de l’histoire de son pays.
Unai Simon, le mur invisible de la Roja
Passé inaperçu pour certains mais d'une constance absolue, Unai Simon a été récompensé du titre de meilleur gardien du tournoi. Sur l'ensemble de la compétition, le portier de Bilbao n'a concédé qu'un seul but, contre la Belgique, pour le total le plus bas dans l’histoire de la Coupe du monde. Longtemps critiqué par le passé pour son manque de régularité, force est de constater qu’Unai Simon boucle ce Mondial en gardien le plus fiable de la compétition, qui contraste avec les doutes qui avaient parfois entouré son statut de numéro un espagnol.
Jude Bellingham, le vrai leader anglais
Milieu de terrain et pourtant meilleur buteur anglais avec sept réalisations, Jude Bellingham a confirmé son statut de prodige alors que des doutes persistaient sur sa sélection après sa saison manquée au Real. Le milieu a porté l'Angleterre tout au long d'un parcours semé d'embûches, marqué par des qualifications arrachées face à la RD Congo, au Mexique puis à la Norvège. Résultat, cinq buts en cinq rencontres à élimination directe et nommé trois fois homme du match.
Harry Kane, le serial buteur des Three Lions
Auteur de six buts, à égalité avec son compère Jude Bellingham, avant la petite-finale qu’il n’a pas disputé, Harry Kane a porté l'attaque anglaise jusqu'aux portes de la finale. Sous les ordres de Thomas Tuchel, il sauve l’Angleterre, alors menée contre le Congo, avec un doublé en dix minutes avant d’inscrire un but et de délivrer une passe décisive face au Mexique. Finalement, l’attaquant du Bayern Munich, reste muet contre la Norvège et lors de la défaite face à l’Argentine en demi-finale et doit se contenter d’une une médaille de bronze.
Michael Olise, le passeur qui a fait briller Mbappé
Si son Mondial se termine en eau de boudin face à l’Espagne et à l’Angleterre, Michael Olise ne reste pas moins l’un des artisans emblématiques de la campagne tricolore. Après avoir fini meilleur passeur des Jeux Olympiques en 2024, le joueur du Bayern Munich a récidivé lors de cette Coupe du monde avec sept passes décisives, dont cinq pour Kylian Mbappé, le meilleur total jamais enregistré lors d'une seule édition de la Coupe du monde, dépassant les six passes de Pelé lors de l'édition 1970, avec deux matches en plus.
Johan Manzambi, l’explosion
Il n'avait jamais disputé de phase finale avant cet été, et il en repart déjà avec un record. Remplaçant lors d'une entame compliquée face au Qatar, le jeune Suisse de 20 ans a explosé aux yeux du monde entier après un recadrage de son capitaine Granit Xhaka. Résultat : trois buts et deux passes décisives sur ses trois derniers matchs de la Nati. Il devient à cette occasion le plus jeune joueur impliqué sur cinq buts lors d'une phase finale de Coupe du monde depuis le début des statistiques Opta, en 1966. Une blessure au genou l'a toutefois privé des huitièmes et des quarts de finale, où la Suisse a été sortie par l'Argentine.