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L’opinion d’Elisabeth Lévy : "L’Europe doit être plus Trumpienne face à Poutine"

OPINION SUD RADIO – Elisabeth Lévy a salué l’intervention de Donald Trump et des États-Unis au Venezuela tout en encourageant l’Europe à faire preuve de la même fermeté face à la Russie.

L’opinion d’Elisabeth Lévy : « L’Europe doit être plus Trumpienne face à Poutine »
Yoan VALAT - POOL/AFP

Soyez libres Elisabeth Lévy, l'intervention américaine au Venezuela, suscite beaucoup de questions, beaucoup de critiques. Qu'est-ce que l'on peut dire ce matin ? 

« Avant les critiques, je dirais, ne boudons pas notre plaisir. On se prend parfois à rêver d'un western planétaire avec un gentil shérif. Bon, qui aurait plus la tête de Tom Cruise peut-être que celle de Donald Trump. Mais un gentil shérif qui met en jeu les méchants comme Maduro. Parce qu'à part Jean-Luc Mélenchon et sa clique, personne ne regrette Nicolas Maduro qui après 23 ans a achevé la destruction d'un pays prospère. Aucun Vénézuélien ne vivra plus mal après l'opération Absolute Resolve.

"Le but des Américains n'est pas d'instaurer la démocratie"

Aucun latino-américain non plus sans doute, car il a déstabilisé toute la région. Par exemple, c'est en grande partie l'immigration et la criminalité qui expliquent la victoire d'un pinochetiste au Chili. Enfin, Caracas était le rendez-vous de tous nos ennemis, Hezbollah et consorts.

Donc, merci Donald Trump et bon débarras. Cependant, ne soyons pas naïfs, le but des Américains n'est pas d'instaurer la démocratie. Et tant mieux d'ailleurs, car généralement, ça tourne au désastre quand on essaie de faire ça.

"La politique américaine est parfaitement défendable"

Le régime maduriste, aujourd'hui, est sous tutelle, mais il est toujours en place. Et bien qu'on ne sache pas tout, il semble que Washington ait encouragé et accompagné une révolution de palais ou un putsch.

Rien de nouveau, donc, sauf que ce ne sont plus des opérations secrètes et tordues de la CIA, mais une politique parfaitement assumée. Alors, au-delà du Venezuela, où la politique américaine est donc parfaitement défendable, on ne pleurera pas non plus pour le régime castriste, post-castriste, s'il lui arrive une mésaventure comparable. Mais maintenant, voilà, quand Donald Trump parle du Mexique et plus encore, pour nous, Européens, du Groenland, on a le droit et sans doute le devoir de s’inquiéter. »

"Les Européens se racontent une belle histoire"

Alors, est-ce qu'Emmanuel Macron a raison de condamner la méthode des Américains ? 

« Ce qui est dommage, c'est qu'il le fasse en deux temps, et qu'on a l'impression qu'il a cédé à la pression, ce qui n'est jamais très bon. Ensuite, ça ne sert pas à grand-chose de prodiguer des leçons de maintien au président américain.

Ce qui est important, c'est de comprendre le monde où nous sommes et de nous y adapter. Depuis 1989, les Européens se racontent une belle histoire. Après la fin du communisme, on devait assister à l'avènement d'un monde pacifié, régi par le droit, le commerce et la justice.

"Il faudrait qu'on soit plus soucieux de nos armées"

Alors, évidemment, les rapports de force n'ont absolument pas disparu. Aussi injustes que cela soit, nous avons dû, par exemple, accepter que nos entreprises soient soumises aux droits américains, vous savez, pour pouvoir continuer à travailler avec des entreprises américaines. Le droit ne dissuadera pas plus la Chine d'envahir Taïwan si elle décide de le faire qu'il a empêché Poutine d'envahir l'Ukraine.

Alors, face au président russe, on aimerait bien que l'Europe soit un peu plus Trumpienne ou Trumpiste, et qu'elle soit capable de lui dire, oui, l'Ukraine, désormais, c'est notre zone d'influence à nous, alors, pas touche. Mais pour ça, il faudrait qu'on soit un peu plus soucieux de nos armées que de nos retraites, comme le disait hier, Pierre de Villiers. »

Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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