« Vive le front républicain. Attention, je dois m’expliquer : le vrai front républicain, celui qui a permis une victoire de la démocratie. Il y a d’abord celui de juillet 2024. Vous vous en souvenez, après la dissolution de l’Assemblée nationale, il s’agissait en réalité d’un accord technique.
L’objectif était de faire bloc le jour du scrutin pour empêcher les favoris de l’emporter, tout en sachant que, dès le lendemain, les forces politiques reprendraient leurs affrontements à l’Assemblée nationale ou dans le débat public.
"Le cauchemar produit par la dissolution décidée par Macron"
C’est, selon moi, le cauchemar qu’a produit la dissolution décidée par Emmanuel Macron en juin 2024. Et puis il y a ce que j’appelle le véritable front républicain : celui qui est décidé en conscience par les électeurs eux-mêmes, sans consignes des états-majors politiques. Un front qui répond à ce que je considère comme l’hypocrisie du Parti socialiste, qui affirme ne pas vouloir d’accord avec La France insoumise, sauf lorsqu’il s’agit de préserver des positions.
Le « marbre », comme on dit, c’est-à-dire le pouvoir, les postes, les mandats. Olivier Faure et François Hollande expliquent qu’il n’y a pas d’accord possible avec La France insoumise, jugée infréquentable, sauf lorsqu’il s’agit de sauver une mairie. C’est, à mes yeux, un double discours.
"L’union de la droite a également démontré son efficacité"
Or, à quelques exceptions près — comme à Nantes, Lyon, Tours, Agen ou Aubervilliers — les électeurs de gauche ont, selon moi, refusé cette logique. À Toulouse, Limoges, Brest, Clermont-Ferrand, Avignon ou Cherbourg, ils ont fait preuve de ce que j’appelle une forme de dignité en refusant ces alliances.
Là où le Parti socialiste a refusé toute alliance avec La France insoumise, il a réussi à conserver certaines grandes villes comme Paris, Marseille, Rennes ou Montpellier. Du côté de la droite, l’union a également démontré son efficacité, avec des résultats concrets. Ce sont, selon moi, les deux enseignements majeurs de ce second tour des élections municipales.
"La stratégie dangereuse de Jean-Luc Mélenchon"
Concernant les succès de La France insoumise, ils sont réels dans certaines villes comme Saint-Denis, Roubaix, Creil ou La Courneuve. Il faut aussi, selon moi, les mettre en lien avec une forte mobilisation d’électeurs issus de l’immigration, à laquelle Jean-Luc Mélenchon s’adresse depuis plusieurs années.
Sa stratégie consisterait, selon moi, à dénoncer une France présentée comme raciste ou excluante, et à mobiliser ces électorats autour de ce discours. Une stratégie que je qualifie de dangereuse, car elle peut accentuer les tensions et les divisions.
"Le rejet de certaines pratiques politiques jugées opportunistes"
Mais, au-delà de ces résultats, ce que je retiens surtout, c’est le rejet, par une large partie des Français, de certaines pratiques politiques jugées opportunistes. Attention donc : un front républicain peut en cacher un autre. Celui que l’on a vu récemment, selon moi, relève avant tout de la démocratie, du bon sens et du vote des citoyens. »
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