Alors que de nombreux Français ont le sentiment que les loyers explosent partout en France, le dernier rapport de l’observatoire Clameur nuance cette impression. Selon cette étude de référence sur les loyers du parc privé, les prix repartent bien à la hausse en 2025, mais à un rythme plus modéré que l’inflation ou celui des prix de l’immobilier.
Des loyers en hausse, mais moins vite que l’inflation
Invitée dans Le Petit Matin Sud Radio, au micro de Frédéric Brindelle, Bérénice Deville Fleuriot, animatrice Sud Radio et rédactrice en chef de Radio Immo, rappelle d’abord la fiabilité des données utilisées par l’observatoire. "Clameur travaille à partir de plus d’un million de références annuelles et surtout à partir de baux réellement signés", explique-t-elle. "L’étude ne se base donc pas sur les prix affichés dans les annonces."
Dans le détail, le rapport montre une légère accélération des loyers en 2025. "Pour les appartements, on est à +2,1 % cette année après +1 % l’année précédente", précise Bérénice Deville Fleuriot.
Mais cette progression reste contenue sur le long terme. "Sur onze ans, les loyers ont augmenté de 14,5 %, contre 19,8 % pour l’inflation et 21,4 % pour les prix immobiliers", souligne-t-elle. "Oui, les loyers augmentent, mais moins vite que le coût de la vie et moins vite que les prix des biens immobiliers."
D’importantes disparités selon les territoires
Le rapport met surtout en évidence de très fortes différences entre les territoires. Paris reste largement en tête avec un loyer moyen de 29,83 euros le mètre carré. Dans les Hauts-de-Seine, le prix moyen atteint 23,57 euros.
À l’inverse, certaines zones rurales affichent des niveaux bien plus faibles. "En Haute-Saône, on est à 8,52 euros le mètre carré, 8,63 euros dans les Ardennes et 9 euros dans le Jura", détaille la journaliste. "Quand on dit que les loyers augmentent, il faut regarder où, pour quel logement et dans quelle zone", insiste-t-elle. "Entre Paris et certaines villes moyennes ou rurales, on ne parle pas du tout du même marché."
Autre enseignement du rapport : dans plusieurs grandes agglomérations, les périphéries progressent désormais plus vite que les centres-villes. "On voit un mouvement très intéressant dans certaines métropoles", observe rédactrice en chef de Radio Immo. "Les ménages s’éloignent un peu pour retrouver de la surface ou un loyer plus soutenable."
Un marché de plus en plus bloqué
Si le sentiment de difficulté persiste chez les locataires, c’est aussi parce que l’offre de logements reste insuffisante. Par ailleurs, le rapport Clameur montre également que les locataires déménagent moins qu’auparavant. "La durée médiane des baux atteint désormais 963 jours, soit plus de deux ans et demi. C’est 120 jours de plus qu’il y a deux ans", explique-t-elle.
Selon la rédactrice en chef de Radio Immo, cette situation est directement liée aux difficultés d’accès à la propriété. "Quand acheter devient compliqué, on reste plus longtemps en location. Résultat : il y a moins de logements qui se libèrent et davantage de concurrence à chaque nouvelle annonce."
Vous pouvez retrouver l'entretien intégral ici.