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La liberté d’expression est-elle morte en France ?

La liberté d’expression. Pour en parler, Fabrice Epelboin, enseignant, était l’invité d’André Bercoff vendredi 18 septembre sur Sud Radio.

Fabrice Epelboin, sur la liberté d’expression, invité d’André Bercoff dans "Faut qu’on s’organise” sur Sud Radio.
Fabrice Epelboin, sur la liberté d’expression, invité d’André Bercoff dans "Faut qu’on s’organise” sur Sud Radio.

Refaire France, un véritable défi en cette année d’élection présidentielle. Surtout en matière de liberté d’expression, qui est tant malmenée.

Quand la liberté d’expression sort du cadre démocratique

"Messieurs les censeurs, bonsoir !" Cette célèbre réplique a été prononcée en 1971 par Maurice Clavel, journaliste et écrivain. Cinquante-cinq ans plus tard, le service public sévit toujours encore plus. On ne peut plus rien dire ? "La censure a évolué qualitativement. On ne passe pas par un juge, on n’est plus sur le délit pénal. On passe par l’appréciation d’associations qui agissent dans l’opacité la plus totale, avec en face des plateformes qui réagissent. De fait, on a éliminé la justice de l’histoire, on est sorti du cadre de la démocratie" explique Fabrice Epelboin au micro de Sud Radio.

"Aux Etats-Unis, je peux exprimer des propos racistes, antisémites ou homophobes dans un média sans aucun problème, sans aucun risque juridique. En France, ce n’est pas possible. Une fois que cette liberté d’expression n’est plus l’apanage des médias, mais devient une possibilité tangible pour tout un chacun sur les réseaux sociaux, on ne peut pas monter en gamme. On ne peut pas appliquer un processus judiciaire à 60 millions de Français. Donc on est obligé de la shunter" ajoute-t-il sur Sud Radio.

La fin de l’Etat de droit ?

"Si vous voyez un propos très clairement hors cadre d’un point de vue juridique, vous le signalez à Pharos. Qui le transmet aux plateformes, et ça sera éliminé. Mais si quelque chose vous heurte, et qu’il n’y a rien d’illégal dans le propos, vous pourrez toujours trouver une association que cela choquera. Il y a eu 60 000 arrestations en Angleterre l’an dernier" lance encore Fabrice Epelboin.

"C’est un flou total, alimenté par la disparition de la justice. Elle a disparu. L’Etat de droit ne s’applique plus. On est dans une impasse. L’intelligence artificielle n’est pas capable de jouer le rôle du juge. Nous ne sommes plus dans un processus juridique digne d’un Etat de droit" conclut l’enseignant.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff  dans son intégralité en podcast.

Retrouvez l’invité d’André Bercoff chaque vendredi à 12h dans “La Culture dans tous ses états” sur Sud Radio.

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