Incapable de redresser la barre d'un FC Nantes sérieusement menacé de relégation, Ahmed Kantari a été limogé mardi par des Canaris qui espèrent boucler rapidement l'arrivée d'un grand ancien, Vahid Halilhodzic, pour le remplacer.
Si le sort de Kantari semblait presque réglé après la défaite (1-0) contre Angers samedi, la huitième en dix journées de L1 sous ses ordres, l'identité de son successeur très probable a surpris.
Âgé de 73 ans, ancien buteur du club dans les années 1980, Halilhodzic avait déjà fait un passage sur le banc Jaune et Vert lors de la saison 2018/2019, succédant alors au Portugais Miguel Cardoso début octobre après huit journées pour finir la saison.
Depuis la fin de ses trois années à la tête du Maroc, Halilhodzic semblait couler une retraite paisible et méritée, rejetant plusieurs propositions, selon une source proche du technicien.
Mais sollicité avec insistance par son club de coeur depuis dimanche, il a fini par céder et devrait arriver en soirée sur les bords de l'Erdre pour finaliser son contrat, selon la même source.
Comme lors de la saison 2023/2024 où Jocelyn Gourvennec avait succédé à Pierre Aristouy avant d'être lui-même remplacé par Antoine Kombouaré à huit journées de la fin, le FCN s'offre donc une nouvelle saison à trois entraîneurs.
- Le barrage pour seul horizon -
Tout sauf une surprise pour un club qui en sera à son 22e technicien différent -- hors intérims -- depuis son rachat par la famille Kita en 2007.
Barragistes au retour du Kanak pour son deuxième passage sur leur banc, les Nantais avaient finalement terminé la saison avec quatre points de marge sur la relégation, avant de faire toute une saison sous les ordres de Kombouaré, achevée avec un matelas de trois points seulement.
Vahid Halilhodzic dirige l'entraînement des Nantais lors d'une première expérience d'entraîneur du FC Nantes le 2 octobre 2019 à La Jonelière à Nantes
SEBASTIEN SALOM GOMIS - AFP/Archives
S'il n'est donc pas étonnant de retrouver les Jaune et Vert encore en mauvaise posture cette année, la situation semble pourtant encore plus critique.
Nantes est actuellement 17e et donc relégable, avec pour seul horizon de rattraper Auxerre, 16e et barragiste virtuel, à deux longueurs, puisque Nice, 15e, est déjà à sept unités.
Cette saison, absolument rien n'a fonctionné dans les choix du duo père-fils formé par Waldemar et Franck Kita, respectivement président et directeur général délégué.
Le recrutement estival a été un fiasco retentissant, plombant le passage du coach Luis Castro qui semblait pourtant une nomination prometteuse en début d'exercice, après sa belle réussite à Dunkerque, en Ligue 2.
Mais en perdant patience après 15 journées, le club n'aura jamais vraiment donné une chance au Portugais de mener à bien la véritable révolution culturelle pour laquelle il avait été engagé.
- Une manoeuvre désespérée -
Le choix de Kantari pour lui succéder avait déjà suscité un certain scepticisme, l'ancien adjoint de Kombouaré la saison précédente n'ayant aucune expérience en L1, tout comme Castro d'ailleurs.
Pour ne rien arranger, le mercato d'hiver, bien qu'actif avec six arrivées et cinq départs, n'avait pas apporté l'étincelle escomptée.
Si l'international libyen Ali Youssef en défense ou Mohamed Kaba au milieu se sont imposés, tout comme Deiver Machado à gauche, Abakar Sylla et Ibrahima Sissoko ont été écartés par Kantari et Rémy Cabella n'est qu'un joker de luxe.
S'il faut trouver une logique au recours à Halilhodzic -- qui a tout d'une manoeuvre désespérée --, c'est justement sans doute dans l'absence totale de ligne directrice sportive au club depuis des années.
Dans un contexte en plus empoisonné avec le public de la Beaujoire, sur quels leviers Halilhodzic pourra-t-il s'appuyer après tant de temps loin du terrain et avec un effectif qu'il ne connaît pas ?
La question résonne d'autant plus fort que le temps presse.
Ahmed Kantari sur le banc du FC Nantes contre Angers en L1 pour sa dernière sortie comme entraîneur du club le 7 mars 2026 au stade la Beaujoire à Nantes
Sebastien Salom-Gomis - AFP
Son premier match sur le banc sera la réception de Strasbourg, un candidat à l'Europe, le 22 mars, avant deux déplacements capitaux à Metz (18e) puis Auxerre (16e) qui seront pratiquement déjà ceux de la dernière chance.
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