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Jérôme Bayle : "Macron a un double discours sur le Mercosur !"

Par La Rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO – Jérôme Bayle, éleveur bovin et chef de file des Ultras de l'A64, sera reçu par Emmanuel Macron à Toulouse. À notre micro, il dénonce le double discours sur le Mercosur et réclame des mesures concrètes pour l'agriculture.

Agriculteurs / Toulouse / Macron
Jérôme Bayle, éleveur bovin et chef de file des Ultras de l'A64, a été reçu par Emmanuel Macron à Toulouse (Photo par MATTHIEU RONDEL / AFP)

Jérôme Bayle, l'an dernier, vous étiez l'un des leaders de la mobilisation agricole. Aujourd'hui à Toulouse, vous aviez demandé à rencontrer Emmanuel Macron : confirmez‑vous que cela aura bien lieu ?

Oui. Il va me recevoir. Il a pris un engagement auprès de moi samedi après‑midi à 16h et j’espère qu'il tiendra sa parole. Aujourd'hui, avec son double discours sur le Mercosur, on se pose des questions. Sa position n'est pas claire. Même si l'on sait que le Mercosur est déjà acté à 90%.

Journaliste : Alors, pourquoi vous mobiliser ?

Le Mercosur n'est pas le seul problème. L’agriculture française fait face à de nombreuses difficultés. En Occitanie, nous avons les revenus agricoles les plus faibles de France depuis plus de 30 ans. Nous voulons apporter des propositions.

La réunion est à 13h30 à l'ENAC, à Toulouse. Qu’allez‑vous lui dire ?

Nous lui dirons ce que nous pensons et lui demanderons de prendre la mesure de la situation : aujourd'hui, le pays et l'Europe sont au bord de la guerre, et ce n’est pas en détruisant l'agriculture française et européenne que nous préserverons notre souveraineté alimentaire en cas de mauvaises nouvelles.

Quelles garanties attendez‑vous du chef de l’État ?

Comme je l'ai dit, il n'y a pas que le Mercosur. L’agriculture en a assez d’être la variable d’ajustement des politiques écologiques et de l'économie mondiale : on tape toujours sur les plus petits, et nous refusons cela ! (...) Nous voulons aussi faire de l'Occitanie une zone agricole expérimentale et lancer un plan de sauvegarde agricole occitan pour redonner de l’espoir aux agriculteurs d'une région durement touchée par les aléas climatiques — sécheresse, maladies, etc. C’est aussi une question de survie des territoires ruraux et de l’attractivité touristique de notre belle Occitanie.

Si vous n’êtes pas entendu, prévoyez‑vous des nouvelles mobilisations ?

On verra et on anticipera. On l’a déjà fait en janvier 2024 sur un coup de tête. Si besoin, on ira plus loin. Aujourd'hui, les agriculteurs ne sont pas respectés. Personne ne se rend vraiment compte du ras‑le‑bol du monde agricole. Hier soir encore, des agriculteurs m’ont appelé, des hommes et femmes de 45‑50 ans qui n’ont jamais manifesté de leur vie, et qui veulent rejoindre le mouvement. Ils n'en peuvent plus. Ils se sentent isolés, abandonnés, dénigrés : ce sentiment peut pousser à une violence extrême, et il faut éviter cela à tout prix.

Il est là, l'enjeu ?

Oui. Aller embêter des Toulousains qui travaillent n'est pas notre objectif, mais il faut que les gens comprennent que nous ne nous battons pas seulement pour nous. Nous nous battons pour tous, pour nos générations futures.

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