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Jean-Didier Berger sur les violences après Bayern-PSG : "nous allons durcir les sanctions"

INTERVIEW SUD RADIO - Violences après Bayern-PSG, primaire de la droite et du centre : Jean-Didier Berger (ministre délégué auprès du Ministre de l'Intérieur), était "l'invité politique" de Maxime Lledo.

Jean-Didier Berger au micro de Sud Radio.
Jean-Didier Berger (ministre délégué auprès du Ministre de l'Intérieur), était "l'invité politique" de Maxime Lledo.

"Il n'y a jamais zéro violence dans la société" : au micro de Sud Radio, Jean-Didier Berger a répondu aux questions de Maxime Lledo. L'interview.

"Nous allons durcir les sanctions"

Laurent Nuñez a annoncé que 127 personnes ont été interpellées dans l'agglomération parisienne, onze ont été blessées dont une gravement et 23 policiers atteints légèrement, lors d'incidents dans la capitale après la qualification du PSG en finale de la Ligue des Champions. Comment peut-on, quand on est à votre poste, tolérer toujours de tels agissements ?

"On ne le tolère absolument pas et je voudrais rendre hommage à tous les policiers qui sont mobilisés, en particulier sur ces événements difficiles. Et pour les soutenir de la façon la plus concrète possible, nous allons durcir les sanctions et augmenter les outils à leur disposition pour lutter contre ces violences.

C’est ce qu'avec Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, nous faisons très concrètement dans le projet de loi Ripost : nous voulons durcir les sanctions et renforcer les interdictions de paraître aux abords des stades, mais aussi dans les fan zones, même lorsqu’elles sont installées un peu plus loin.

Ces interdictions pourront commencer 24 heures avant les matchs et s'étendre jusqu’à 36 heures après, afin qu'l n'y ait aucun prétexte et que le secteur soit très quadrillé. Nous visons aussi les violences, ainsi que les propos propos homophobes, qui font honte à ceux qui les tiennent et qui n’ont rien à voir avec les supporters."

"La fermeté de Laurent Nunez n'est pas à remettre en cause"

Lorsque Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, se réjouit qu'en réalité, dans le pays, il n'y ait pas tant de pillages que ça, est-ce que cela ne montre pas à quel point on s'est habitués aujourd'hui à un niveau de violence et de désordre assez préoccupant ?

"Je pense que la fermeté de Laurent Nunez n'est pas à remettre en cause, ni celle du gouvernement, ni la mienne, et vous verrez à travers les mesures que nous allons proposer dans ce projet de loi Ripost, et dans le projet de police municipale également, que la fermeté est au rendez-vous."

"Il n'y a jamais zéro violence dans la société"

Donc vous garantissez notamment qu'il n'y aura pas de nouvelles violences pour la finale le 30 mai, alors ce sera du côté de Budapest, et qe des mesures supplémentaires seront prises ?

"Il n'y a jamais zéro violence dans la société. Nous, on est justement là pour répondre à ces violences potentielles. Notre rôle, c'est de faire en sorte que, si jamais il en advient malgré toute la prévention qu'on peut mettre en place, on ait les effectifs nécessaires pour les prévenir au maximum, les encadrer et y répondre si elles surviennent. Il faut surtout que la sanction soit au rendez-vous, pour que ceux qui commettent ces infractions ne soient pas impunis.

Et d'autre part, il faut que l'immense majorité des supporters non violents et des Français, notamment les riverains et les commerçants, puissent se dire qu'on ne peut pas impunément commettre ce type d'acte. Le durcissement des sanctions doit ainsi produire un véritable choc de fermeté."

Cela fait dix ans qu'on nous promet d'interdire les mortiers : qu'est-ce qui fait que vous, vous allez changer quelque chose ?

"Écoutez, ce que nous proposons, c'est un durcissement des sanctions, jusqu'à cinq ans d'emprisonnement pour l'usage de mortiers d'artifice. Moi, j'ai été maire pendant dix ans, j'ai vu ce fléau grandir, grandir, grandir. Mais nous faisons face à des difficultés très concrètes : l'approvisionnement se fait de multiples façons.

Mais nous durcissons les peines pour ceux qui les utilisent, ainsi que les moyens permettant de fermer les commerces qui, localement, participent au relais de ces nuisances et de ces délits."

"On n'y va pas avec des pincettes"

Vous savez bien que si on vous dit que Carrefour vend des mortiers, vous n'allez pas fermer Carrefour...

"Je ne crois pas que Carrefour vende ce type de munitions. Je pense que si vous venez sur le terrain avec moi, vous verrez qu'on ne parle pas de Carrefour, d'Auchan ou de Leclerc, mais de commerces locaux, de soi-disant commerces locaux, que nous allons pouvoir, avec les préfets et les maires, faire fermer directement.

Là, il ne s'agit pas de passer par une voie judiciaire qui prend des mois et des années : on pourra fermer directement le commerce jusqu'à six mois dans un premier temps. Et c'est très simple : une fermeture de six mois entraîne la perte de certaines autorisations, notamment les licences de débit de boisson, et la fermeture peut même aller jusqu'à un an. Donc là, on n'y va pas avec des pincettes : on règle le problème à la racine.

"Je souhaite un primaire de la droite et du centre pour 2027"

Un mot aussi de politique quand même, parce que vous êtes, Jean-Didier Berger, aussi un soutien de Laurent Wauquiez. Vous êtes toujours pour votre parti Les Républicains ?

"J'ai été suspendu comme tous les ministres qui sont entrés au gouvernement, mais je crois que ce n'est pas très important. Les Français savent, pour ceux qui me connaissent, que je suis un homme politique de droite qui n'a pas changé de conviction. Je soutiens toujours Laurent Wauquiez.

Êtes-vous prêt à soutenir Bruno Retailleau et à faire campagne pour lui ?

"Je suis prêt à soutenir le candidat unique de la droite et du centre. Je pense que ça doit être Bruno Retailleau. Mais nous verrons qui ce sera. Moi, je pense que si on y va à plusieurs, on est absolument certain d'une chose, c'est de perdre. Et moi, je n'ai pas envie que notre pays bascule dans l'un ou l'autre des extrêmes. J'ai envie que l’'nion de la droite et du centre, celle que j'ai toujours défendue comme maire, prospère sur le plan national."

"Le bal des égos doit cesser"

Cela veut dire, Jean-Didier Berger, et ce sera ma dernière question : quand on évoque souvent des théories selon lesquelles Bruno Retailleau pourrait rejoindre Édouard Philippe, ce ne sont pas des théories qui vous choquent, vous les encouragez plutôt ?

"Nous verrons. Ce que je crois, c'est qu’il faut que le bal des égos cesse et de faire en sorte que tout le monde s'entende. Moi j'ai toujours été favorable, depuis toujours, à la tenue de primaires. Je crois que c'est la meilleure des solutions en démocratie, la moins pire. En démocratie, le vote reste toujours le meilleur des systèmes."

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio.

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