A l'exception du prodige Paule Seixas, quand on est jeune, cycliste et français, c’est assez difficile d’exister sur la planète vélo. Pourtant, Paul Magnier sait faire parler de lui dans le peloton. À l’aube de prendre le départ de son second tour d'Italie (109e édition du Giro du 8 au 31 mai), le coureur de 22 ans s’avance comme la meilleure carte française.
2025, l’année de la confirmation et déjà d’un record
Habitué des sous-bois, Paul Magnier commence par le VTT avant de s’illustrer en cyclo-cross puis sur la route. Depuis deux ans, le natif de Laredo (Texas) aux États-Unis ne cesse de progresser et d’enchaîner les bonnes performances. En 2024, pour sa première saison avec la Soudal Quick-Step, il signe un total de cinq victoires, principalement sur des courses de second niveau. Le Grenoblois réalise tout de même son premier podium sur une course UCI World Tour en prenant la deuxième place de la Bretagne Classic.
En 2025, Paul Magnier passe un cap. Avec 19 victoires, le Français est devenu le Français le plus victorieux sur une saison depuis Laurent Jalabert en 1997. Un record battu grâce à une fin de saison fulgurante et une série de victoires expéditives : 11 victoires en 14 jours de course. C’est lors de cette série que Paul va remporter sa première course en Chine lors du Tour de Guangxi. Une performance pas anodine tant le garçon est talentueux, en plus d’être polyvalent.
Des grosses cuisses, mais pas uniquement
Du haut de son 1,87 m pour 70 kg, le Français possède une silhouette impressionnante. En plus d’être à l'aise dans les sprints massifs grâce à sa puissance, le Français aime aussi les pavés. 11e de l’Omloop et 19e d’À Travers la Flandre en 2026, Paul Magnier étoffe un peu plus sa palette avec un nouveau terrain de jeu : les classiques flandriennes.
Poids lourd, Paul Magnier passe aussi très bien les bosses. Une faculté qui lui permet de rester dans le peloton là où d'autres sprinteurs sont contraints de laisser filer la meute. Des capacités qui ne sont pas sans rappeler un ancien sprinteur français, lui aussi à l’aise sur les pavés : Arnaud Démare.
Quelles ambitions pour ce second grand Tour ?
Cette année, pas de Tour de France pour Paul Magnier. Malgré des performances qui auraient pu lui permettre de participer à la grande messe de juillet, le Français reste encore barré par Tim Merlier dans son équipe.
Pas résigné, le Français ronge son frein et arrive revanchard sur son second grand Tour. Pour cause, le Giro de Paul Magnier ne s’était pas déroulé comme il le souhaitait l'an passé. Propulsé leader, le Français avait dû se contenter d’une 3e place sur un sprint massif avant un abandon lors de la 16e étape. Le Français revient cette année, le couteau entre les dents, pour tenter d'empocher sa première victoire sur un grand Tour.
Un nouveau palier à franchir face à des concurrents redoutables : Jonathan Milan, Tobias Lund Andresen ou encore Dylan Groenewegen, autant de sprinteurs qui vont donner du fil à retordre au jeune sprinteur français. La première occasion, ce sera dès ce vendredi.