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Incendie à Crans-Montana : un lieu de fête transformé en tragédie

Lieu de rencontres et de fêtes pour les jeunes de Crans-Montana, le bar Le Constellation est devenu un piège mortel lors de la nuit du réveillon du Nouvel An, laissant 40 morts et plongeant toute la station alpine dans le choc et le deuil.

Crans-Montana
A mourner lights a candle at a makeshift memorial near the site of a fire that ripped through a bar during New Year's Eve celebrations in the Alpine ski resort town of Crans-Montana killing around 40 people and injuring more than 100 others, in Crans-Montana on January 2, 2026. Investigators raced on January 2, 2026 to identify the victims of a fire that ripped through a bar in the Swiss Alps town of Crans-Montana, turning a New Year's celebration into one of the country's worst tragedies. Frederic Gisler, police commander in the Wallis canton in southwestern Switzerland, told reporters that authorities had counted "around 40 people who have died and around 115 injured, most of them seriously". (Photo by MAXIME SCHMID / AFP)

Lettres rouges sur fond noir, l'enseigne du "Constellation" à Crans-Montana se voit à peine, nichée au pied d'une résidence aux balcons de bois et flanquée de magasins de location de skis. Le bar n'en est pas moins depuis des années un havre social prisé des jeunes dans cette luxueuse station alpine.

Le bar-restaurant tenu depuis 2015 par un couple de Français, "c'est une institution de Crans-Montana", affirme même Elliot Alvarez, 21 ans, résident de cette bourgade du Valais - dans le sud-ouest de la Suisse - située à 1.500 mètres d'altitude.

L'évocation du passé de l'établissement, même si baptisé différemment dans le passé, fait naître nostalgie et émotion auprès de serveurs ou touristes habituels interrogés par l'AFP. Pour eux aussi, le bar est indissociable de cette station huppée, réputée plus familiale que sa voisine Zermatt.

La nuit de la Saint-Sylvestre, Le Constellation s'est transformé en un piège fatal quand sa salle au sous-sol s'est embrasée, coûtant la vie à 40 personnes - selon le dernier bilan vendredi -, blessant plus d'une centaine d'autres, pour une majorité des jeunes, suisses ou d'autres nationalités.

"On était souvent là. C'est vrai que l'hiver, c'est un lieu qui bouge, il y a beaucoup de monde. Mais c'est souvent aussi un lieu où on fait une sorte de +before+ avant d'aller ailleurs", témoigne auprès de l'AFP Elliot Alvarez, éprouvé par le drame.

"C'est un bar chaleureux et sympathique où on aime bien se retrouver avant de partir peut-être dans des bars qui ferment plus tard de la station", raconte-t-il.

Hors saison, quand la cité aux quelque 10.000 âmes retrouve un certain calme, des lieux comme le Constellation, le Monk'is ou autres bars se font lien social.

"Les locaux, c'est vrai que quand tout est un peu fermé et que ce n'est plus ni la saison d'été, ni la saison d'hiver, on se retrouvait régulièrement là entre nous. (...) On connaissait aussi très bien le personnel, qui sont devenus au fil du temps des amis pour certains", ajoute le jeune homme. Une des serveuses qu'il connaissait est morte.

- "Ambiance boîte de nuit" -

"On adorait y aller déjà", raconte par ailleurs Dejan Bajic, un fidèle de la station depuis les années 1970 où, dit-il comme d'autres, "tout le monde connaît un peu tout le monde". "C'était déjà à l'époque des bars plutôt en sous-sol", et le temps où "on y fumait même des cigarettes".

Des lieux plutôt discrets par rapport aux résidences à plusieurs étages aux airs de chalets suisses, entremêlées d'allées ou ruelles aux nombreuses boutiques de luxe, restaurants haut de gamme ou hôtels cinq étoiles à la clientèle internationale.

La station, qui revendique 3 millions de visiteurs annuels, est aussi un incontournable des mondiaux de ski, des épreuves doivent d'ailleurs se tenir du 30 janvier au 1er février.

Quand on entre au Constellation aux néons roses et l'ambiance lounge et violette, "c'est une terrasse, couverte de vitres", décrit à l'AFP Judith Guzman, 46 ans, une touriste originaire de République dominicaine qui habite en Italie. Elle s'y était encore rendue le 31 décembre.

Outre la terrasse, "il y a une autre entrée où l'on peut être plus au calme. Il y avait davantage de monde, disons des personnes plus adultes, assises tranquillement avec leur ordinateur", dit-elle encore, et en bas, "là où étaient tous les jeunes", c'était plutôt "ambiance boîte de nuit", une "atmosphère de jeunes".

Elle se rappelle être descendue, par un escalier décrit comme raide. "J'ai vu qu'il y avait tellement de jeunes, et je me suis dit non, ce n'est pas mon endroit". La nuit de la Saint-Sylvestre, à minuit passé, "il y avait encore beaucoup de gens (...) et c'est pour ça que je me suis dit: +Non, je rentre à l'hôtel+".

Quelques minutes après, vers 01H30, un premier appel était passé aux secours pour signaler des fumées et un départ de feu. "Tout laisse à penser" que des "bougies incandescentes" ont causé l'incendie meurtrier, selon la procureure Béatrice Pilloud.

Vendredi encore, quelques commerces et bars restaient fermés.

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