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Endurance en chute libre : 50% des élèves de sixième incapables de courir plus de cinq minutes

Les premiers résultats de l’évaluation nationale des aptitudes physiques menée auprès de 267 000 élèves de sixième mettent en lumière un niveau d’endurance préoccupant. Au total, près de la moitié d’entre eux sont même incapables de courir plus de cinq minutes.

Endurance en chute libre : 50% des élèves de sixième incapables de courir plus de cinq minutes

Le constat est sans appel : les adolescents s’éloignent toujours plus du sport. Un pressentiment confirmé dans une évaluation des aptitudes physiques menée par l’Éducation nationale. Réalisée en septembre dernier dans près d’un tiers des collèges publics et privés, cette évaluation a été menée auprès de 267 000 élèves, scolarisés dans plus de 2 800 établissements volontaires.

Trois épreuves étaient au programme : un test d’endurance cardiorespiratoire, un test de force musculaire via un saut en longueur sans élan, et un test de vitesse sur 30 mètres. Pour chaque exercice, les élèves sont classés dans trois groupes : « à besoins », « fragile » ou « satisfaisant ».

L’endurance, principal point faible des élèves de sixième

Les résultats montrent que l’endurance est de loin la compétence la plus problématique. En effet, seuls 34,2 % des collégiens atteignent une maîtrise jugée satisfaisante. Près de la moitié des élèves sont incapables de courir plus de cinq minutes à une vitesse minimale de 9,5 km/h, et 18 % s’arrêtent avant trois minutes d’effort, à 8,5 km/h.

En moyenne, les élèves tiennent entre quatre et cinq minutes de course, bien en deçà du seuil requis pour être classés dans le groupe « satisfaisant », fixé à plus de six minutes. Au total, 34,7 % des élèves sont classés « à besoins » et près d’un tiers dans le groupe « fragile ».

Des écarts importants entre filles et garçons

Mais les disparités de résultats selon le sexe sont encore plus frappantes. Les filles sont 22 % à ne pas dépasser trois minutes de course, contre 14 % des garçons. Elles courent en moyenne autour de quatre minutes, quand les garçons atteignent cinq à six minutes.

Seules 21,6 % des filles atteignent un niveau satisfaisant en endurance, contre 46,3 % des garçons. Cette différence se retrouve également dans les autres épreuves : en saut en longueur, 34,8 % des filles atteignent le seuil satisfaisant, contre 55,7 % des garçons, et en vitesse, 45,9 % des filles réussissent le test, contre 63,3 % des garçons.

Le rôle du contexte social des établissements

À noter que le profil social des établissements joue également un rôle important. Dans les collèges les plus défavorisés, seuls 25,3 % des élèves présentent une maîtrise satisfaisante en endurance, contre 43,4 % dans les établissements les plus favorisés. L’écart est similaire pour les autres épreuves, notamment en vitesse, où 46,2 % des élèves des collèges défavorisés atteignent le niveau requis, contre 61,4 % dans les collèges favorisés.

« Donner envie de bouger » dès le plus jeune âge

Pour le médecin du sport Roger Rua, ces résultats sont le reflet d’une sédentarité installée très tôt. « Dans l'éducation que les parents donnent à leurs enfants, il faut leur donner envie de bouger. C'est-à-dire qu'au lieu de communiquer avec leurs copains par texto, ils disent “va voir ton copain, descends les escaliers, marche un petit peu, monte les escaliers de ton copain, ça sera très profitable” », explique-t-il, au micro de Sud Radio.

Il pointe également du doigt la perte de lien social et l’omniprésence des écrans : « Les enfants n'ont plus de contact social, on l'a vu avec la Covid, à cause des écrans. Donc il y a des tas de mesures à prendre notamment au niveau des rythmes scolaires. Il faut absolument augmenter les heures d'activité physique », estime-t-il.

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