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Des violences urbaines, des pillages et une colère sociale aussi en Italie

GROS PLAN SUD RADIO - Alors que les violences urbaines ont déferlé sur la France ce samedi 17 octobre, l’Italie a elle aussi été secouée par des affrontements à Milan, Turin ou encore Bologne. Derrière les scènes de pillages et d’émeutes se cachent des revendications liées au pouvoir d’achat, au logement, aux salaires et à l’avenir des jeunes.

Des violences ont également éclaté en Italie.
Des violences ont également éclaté en Italie (AFP).

Alors que l’attention s’est largement portée ce samedi 17-Octobre sur les violences qui ont marqué plusieurs villes françaises, l’Italie a également connu au même moment une vague de contestation sociale d’une ampleur inédite depuis plusieurs années. Dans plusieurs grandes villes du pays, des manifestations contre la vie chère ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, particulièrement à Milan, devenue l’épicentre de la colère.

Dans la capitale économique italienne, les incidents ont éclaté en marge d’un rassemblement organisé sous la bannière d’« Italia in Piazza ». Les manifestants dénonçaient la hausse du coût de la vie, l’augmentation des prix de l’énergie et des carburants, la faiblesse des salaires ainsi que la dégradation des services publics. Au fil de la journée, les tensions ont dégénéré. Des commerces ont été vandalisés, des vitrines brisées et plusieurs enseignes pillées dans le centre historique de Milan. Des scènes similaires ont également été observées à Turin, Bologne, Bergame ou Brescia. Les autorités italiennes ont procédé à de nombreuses interpellations tandis que plusieurs membres des forces de l’ordre ont été blessés.

Une crise du pouvoir d’achat au cœur du mouvement

Comme en France, la principale revendication concerne le niveau de vie. De nombreux Italiens dénoncent l’érosion de leur pouvoir d’achat dans un contexte marqué par l’inflation, la hausse des loyers et l’augmentation des dépenses contraintes. La situation apparaît particulièrement préoccupante pour les classes moyennes et populaires. Plusieurs manifestants interrogés lors des rassemblements évoquent l’impossibilité de faire face simultanément au loyer, aux transports, à l’alimentation ou encore aux dépenses liées aux études de leurs enfants.

Les étudiants figurent également parmi les plus mobilisés. Ils pointent le manque de logements universitaires, l’augmentation des loyers dans les grandes villes et le coût croissant des études. Dans plusieurs établissements, des actions ont déjà été organisées contre ce qu’ils considèrent comme une dégradation continue de leurs conditions de vie et d’apprentissage.

« Faire comme en France »

La comparaison avec la France revient régulièrement dans les discours et les slogans entendus ces derniers jours en Italie. Selon plusieurs médias, certains collectifs étudiants et militants revendiquent ouvertement l’inspiration des mobilisations françaises. Dans plusieurs villes, des pancartes invitaient à « faire comme en France » face à la hausse du coût de la vie et aux difficultés économiques.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle majeur dans cette circulation des mots d’ordre. Selon plusieurs témoignages relayés par la presse italienne, de nombreux jeunes ont rejoint les rassemblements après avoir découvert en direct les affrontements sur TikTok ou d’autres plateformes.

Des similitudes mais aussi des différences avec la France

Si les revendications se ressemblent, les contextes nationaux restent différents. En France, les mouvements sociaux combinent souvent questions économiques, contestation politique et tensions autour des institutions. En Italie, la colère semble avant tout alimentée par un sentiment d’appauvrissement progressif et de déclassement social. Les manifestants dénoncent notamment la stagnation des salaires, la précarité des jeunes actifs et les difficultés d’accès au logement.

Autre différence notable : les grandes organisations syndicales italiennes conservent une capacité importante de mobilisation. Le syndicat CGIL a d’ailleurs annoncé une journée de grève générale le 20 novembre afin de maintenir la pression sur le gouvernement de Giorgia Meloni.

Une colère également en Belgique, Grèce, Portugal et Albanie

L’Italie n’est pas un cas isolé. Des mobilisations importantes ont également été recensées en Belgique, au Portugal, en Grèce ou en Albanie. Derrière ces mouvements se retrouvent souvent les mêmes préoccupations : hausse du coût de la vie, crise du logement, difficultés économiques des jeunes générations et sentiment de défiance vis-à-vis des pouvoirs publics.

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