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"Il faut pouvoir interdire les manifestations à l'échelle nationale"

Par La rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO - Antoine Savignat, avocat et ancien député, propose de changer la loi pour interdire les manifestations à l'échelle du pays. Explications.

manifestations
Après les manifestations, Un passant prend photo la façade du restaurant "La Barrique" incendié et vandalisé près de la place de la République, le 18 octobre 2026 à Paris. (Matthieu RONDEL - AFP)

Face au chaos et aux pillages qu'elles entraînent, faudrait-il pouvoir interdire les manifestations autrement qu'à la seule échelle locale, à l'échelle du pays ? C'est ce que propose Antoine Savignat, un avocat et ancien député LR au lendemain des émeutes, du chaos et des pillages du 17 octobre.

"Nous sommes face à un constat d'échec"

"Nous sommes au pied du mur, face à un constat d’échec, estime Antoine Savignat au micro de Jacques Cardoze, sur l’antenne de Sud Radio. Bruno Retailleau l’état d’urgence, la négation la plus absolue de nos libertés fondamentales. Il faut que l’on trouve un autre outil, plus doux, pour mettre un terme à la situation dans laquelle nous nous trouvons."

Un outil "plus doux" que l'état d'urgence

"Aujourd’hui, on peut interdire les manifestations en France, mais localement et au cas par cas. Le préfet, le maire peuvent, en fonction de circonstances locales, demander l’interdiction d’une manifestation. La jurisprudence le limite. Dans nombre de cas, les tribunaux annulent ces décisions. Aujourd’hui, la situation n’est absolument plus maîtrisée."

"La liberté de revendiquer a été annihilée"

"Évidemment, interdire de manifester est une atteinte à une liberté fondamentale, reconnaît Antoine Savignat, avocat et ancien député LR, sur l'antenne de Sud Radio. Mais que retient-on de la journée de samedi ? La liberté de revendiquer a été totalement annihilée par les débordements. Si l’objectif est que le peuple française s’exprime, il faut pouvoir interdire la manifestation à l’échelle nationale, si l’on identifier un risque majeur à l’échelle nationale."

Comment convaincre de l’opportunité d’une telle loi à l’Assemblée ? "Il faut prévoir un contrôle du juge afin de vérifier que la décision n’est pas arbitraire. L’état d’urgence dessaisit totalement le contrôle judiciaire. Le but est de protéger la liberté fondamentale de pouvoir revendiquer et de pouvoir s’exprimer."

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