singlesud.php

« Il n’y a plus rien » : à Marseille, les commerçants dévastés par les pillages du 17 octobre

REPORTAGE SUD RADIO - Après un week-end de violences historique, les commerçant marseillais dressent un premier bilan des émeutes ayant provoqué le pillage d’un magasin sur deux dans la cité phocéenne. La préfecture évoque 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers, face à 800 membres des forces de l'ordre.

Thibaud MORITZ - AFP

Pauline a fini par écrire sur sa vitrine qu'il n'y avait plus rien à prendre. Cette opticienne est parvenue à sauver deux sacs de lunettes, tout le reste a été pillé. « Il n'y a plus rien, et puis je suis restée trois heures là, ce moment de guérilla était sans fin. Et à l'intérieur de ma boutique ravagée, on essayait encore de rentrer, c'est hallucinant », raconte-t-elle au micro de Sud Radio. Et son cas n'est pas isolé. Selon Guillaume Sicard, président des commerçants Marseille centre, presque un magasin sur deux aurait été pillé dans l'hypercentre, d'après une première estimation.

Des casseurs « équipés », pas de simples opportunistes

Pour plusieurs commerçants rencontrés par Sud Radio, il ne s'agissait pas d'opportunistes. L'un d'eux a perdu 300 téléphones. Les images de ses caméras de vidéosurveillance montrent, selon lui, des assaillants armés « de marteaux, de pieds-de-biche et de scies sauteuses thermiques ». « Ils savaient ce qu'ils faisaient », assure-t-il, citant des enseignes comme Vuitton, Hermès ou Rolex, et même un vendeur d'or protégé par des vitres de 10 centimètres. « Ils étaient jeunes mais ils étaient équipés. »

« Une zone de guerre et de non-droit »

Une même question revient chez les commerçants : pourquoi ne pas avoir bouclé le centre-ville et envoyé davantage de CRS ? « Il en fallait plus », estime l'un d'eux, qui rappelle que les policiers, à part les gaz lacrymogènes et les grenades assourdissantes, n'ont le droit de rien faire. Une autre décrit des forces de l'ordre « pas protégées », « caillassées » et « canardées » dans ce qu'elle qualifie de « zone de guerre et de non-droit total ». 

Le maire Benoît Payan a lui aussi vivement critiqué, samedi, le manque de CRS. Les premiers chiffres font état de 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers, ayant fait face à seulement 800 membres des forces de l'ordre, sans compter les policiers municipaux. Au moins 29 d’entre eux ont également été blessés.

« Les commerçants ne sont pas en première ligne, et c'est eux qui trinquent »

Dans la capitale, Thierry Véron, président de la fédération des associations des commerçants et des artisans de Paris, décrit un sentiment « de dégoût. La colère, on l'a sur le coup », explique-t-il. Il ressent également de la « tristesse, parce que quand vous avez investi toutes vos économies et que c'est votre vie d'avoir une boutique, qu’on vient saccager, piller ». Une situation « dramatique, parce que, comme d'habitude, les commerçants ne sont pas en première ligne, et c'est eux qui trinquent » conclu Thierry Véron.

L'info en continu
12H
11H
10H
09H
08H
06H
23H
Revenir
au direct

À Suivre
/