« On est au point mort. Ça fait plus d'une semaine qu'on ne m'a pas demandé une cuve entière », constate Loïc Dubourg, dirigeant-salarié de Dubourg Fioul, entreprise de produits pétroliers, au micro de Sud Radio. L’hiver se rapproche, mais en cette mi-septembre 2026, les clients renoncent à faire le plein complet de leurs cuves de fioul. À la vie chère, s’ajoute la hausse exponentielle des prix du carburant sur fond de guerre au Moyen-Orient. Une situation qui ravive les inquiétudes des particuliers et professionnels.
Des cuves à moitié remplies
Près d’ 1,8 euros les 1 000 litres. Alors que le fioul domestique a augmenté de plus de 60 % en un an, ce distributeur girondin constate un effondrement des commandes de chauffage à l’approche de l’hiver. Habituellement, ses clients remplissent leurs cuves en prévision des mois froids.
Cette année, sa clientèle remplit des cuves, à moitié. Les Français rognent sur d’autres budgets pour tenir, sans pour autant pouvoir changer de mode de chauffage : changer de chaudière coûterait 15 à 20 000 euros, un investissement que peu de citoyens peuvent assumer.
Un énième coup de massue pour le secteur
Les distributeurs pataugent, surtout côté chauffage. Si Loïc Dubourg n’en fait pas son activité principale, son entreprise subit tout de même le phénomène. La hausse des prix du carburant ? Un élément de plus parmi la montagne de problèmes qui pèsent sur le secteur.
« Ça a commencé avec différentes annonces de l'État : l'interdiction des chaudières au fioul, la limitation des réparations... ça a mis à mal l'activité. Ensuite, il y a eu toute la démarche des pompes à chaleur auprès des particuliers, avec les primes, qui a encore réduit le nombre de chaudières au fioul. Et puis dans l’esprit collectif, le fioul n'est plus dans l'air du temps. » Ces prix faramineux à la pompe portent le coup fatal. « On est à 1,90 euro le litre, c'est plus cher que le gazole l'année dernière. »
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— Sud Radio (@SudRadio) September 17, 2026
Exit les loisirs et sorties, remises à plus tard
« Petites doses, demi cuves, quart de cuves, mes clients sont frileux. C'est un signe très concret de la tension sur leur budget. » Dans leur budget mensuel, les Français réservent en priorité l’argent pour le chauffage et la nourriture. « Tout le reste passe à la trappe ou loin derrière : loisirs, vêtements, sorties, pour pouvoir se chauffer. » La concurrence entre les distributeurs est donc plus vive que jamais.
La situation fait craindre le pire : « En trois semaines, on a pris environ 30 centimes du litre et ça a continué de monter. Quand j'ai pris, j'étais conscient avec mon père que le fioul, ce n'était pas l'avenir donc, je n'ai pas misé sur ça, mais sur tout ce qui est carburant pour les engins, les machines forestières… On compense la perte en fioul par du gasoil. »