Laurent Duc : "face à Airbnb, nous sommes les dindons de la farce"

Après la signature d’une convention de sponsoring entre le Comité olympique international et Airbnb, les hôteliers ont annoncé la "suspension" de leur participation à l’organisation des JO 2024.

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, et Joe Gebbia, co-fondateur d'Airbnb, après la signature le 19 novembre 2019 à Londres d'une convention de sponsoring. © AFP

Laurent Duc était l'invité de Patrick Roger le 21 novembre 2019 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Vous achetez un toit, un lit, mais pas de service"

"Il est un secret de Polichinelle qu’Airbnb et l’ensemble du secteur de location de meublés touristiques tiennent une concurrence directe, déloyale et complètement opaque à l’hôtellerie française. C’est un coup de poignard de la part d’Airbnb d’être sponsor à hauteur d’un demi-milliard pour 9 éditions pour l’hébergement pour les Jeux olympiques et paralympiques, alors que l’accessibilité dans les appartements privés est complètement nulle… alors que nous, on nous l’impose. Les contrôles sanitaires, l’électricité, le gaz, les vérifications sur lesquelles on s’engage lorsqu’on signe un partenariat avec le Comité d’organisation des Jeux olympiques… Airbnb ne fera rien de tout cela.

Il faut savoir qu’Airbnb, c’est aussi des « hôtels cachés » à travers des investisseurs multiples, qui font de la location qui n’a absolument rien de la fameuse expérience d’un Parisien ou d’un Français vis-à-vis d’un étranger. Aujourd’hui, ce sont des sociétés qui font la conciergerie, quand ce ne sont pas des boîtes à clés dans les allées. Vous achetez un toit, un lit, mais pas de service. Notre métier, c’est le service, c’est d’être présent", a martelé Laurent Duc.

"On va leur louer notre parc chambre par chambre"

"Imaginez qu’on loge une équipe de foot dans 11 appartements différents, et vous voyez jusqu’où on est capable d’aller. Alors, puisque le Comité d’organisation des Jeux olympiques en a décidé ainsi, nous, les hôteliers, on ne va pas leur louer des allottements entiers, on va leur louer chambre par chambre, et ils verront peut-être l’effet que ça peut faire sur l’organisation des Jeux olympiques à Paris.

Nous, les hôteliers, nous sommes les dindons de la farce. Les pouvoirs publics n’agissent pas. Ce sont des intérêts particuliers aux dépens des emplois stables. Alors que nous, on propose des solutions qui sont globales. Airbnb va se permettre de loger tous les visiteurs, à des prix non négociés, alors que nous, on a fait des efforts au départ", a poursuivi Laurent Duc.

 

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