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Fusillade sanglante dans un commissariat parisien, questions sur le déroulement des faits

De nombreuses questions restaient posées vendredi sur les circonstances dans lesquelles deux policiers ont été grièvement blessés par balles dans les locaux du commissariat du 13e arrondissement de Paris par un homme interpellé qui s'est emparé d'une arme de service.

Fabien DALLOT - AFP

De nombreuses questions restaient posées vendredi sur les circonstances dans lesquelles deux policiers ont été grièvement blessés par balles dans les locaux du commissariat du 13e arrondissement de Paris par un homme interpellé qui s'est emparé d'une arme de service.

L'un des deux fonctionnaires, touché à l'abdomen, était "encore entre la vie et la mort" vendredi matin, a rapporté le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, confirmé par le parquet de Paris.

Son collègue a été blessé gravement dans le dos, selon une source policière.

Cet événement, extrêmement rare au sein d'un commissariat, a suscité une très vive émotion dans les rangs de la police.

"Il n'y a pas de petite mission, de véritable routine, même jusque dans les locaux de police", a relevé sur X, Linda Kebbab, la secrétaire nationale du syndicat de police Un1té.

Le syndicat Alliance a apporté "son total soutien" aux policiers blessés, ajoutant "qu'aucune polémique ne doit faire oublier que nos deux collègues ont failli perdre la vie après avoir sauvé celle d'une victime".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a lui adressé ses "pensées et son soutien" aux deux fonctionnaires. "Je pense à eux, à leur famille et à leurs proches. Paris est à leurs côtés", a déclaré à l'AFP la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Laurent Nuñez a expliqué vendredi sur France Info que les policiers du 13e arrondissement étaient intervenus jeudi vers 22h00 pour "une agression extrêmement violente au cutter sur une femme qui a été grièvement blessée". "L'homme était manifestement très excité", a-t-il ajouté.

Les policiers en tenue, appartenant au groupe de soutien des quartiers (GSQ), ont amené l'homme au commissariat et l'ont fait souffler dans un éthylotest dans la salle de fouille.

C'est à ce moment-là qu'il s'est emparé de l'arme d'un fonctionnaire, a poursuivi le préfet.

- Agresseur "inconnu" -

L'homme, de "type asiatique"selon une source policière, a alors ouvert le feu, blessant grièvement deux policiers, avant d'être neutralisé par le tir de riposte d'un fonctionnaire. Atteint au thorax, il a été hospitalisé dans un état grave.

Laurent Nuñez n'a pas donné de détails sur le profil de l'auteur des coups de feu. "On ne sait pas s'il connaissait la femme" qu'il a agressée, a-t-il dit, ajoutant que les policiers appelés sur place avaient dû "défoncer la porte" de l'appartement.

La femme blessée à coups de cutter est âgée de 73 ans, les deux policiers de 33 ans, et le mis en cause de 31 ans, a indiqué à la mi-journée le parquet de Paris, sollicité par l'AFP.

L'agresseur était "inconnu de la police et de la justice", a ajouté le parquet, qui ne souhaitait pas en dire plus vendredi soir, car les victimes et suspects, toujours hospitalisés, n'ont pas pu être entendus par les enquêteurs à ce stade.

Le suspect encourt la prison à perpétuité.

Ni le préfet ni le parquet n'ont donné de détails sur la façon dont l'homme a pu s'emparer de l'arme de service de l'un des fonctionnaires avant de la retourner contre eux.

Les policiers du GSQ sont équipé d'un pistolet semi-automatique de type Sig Sauer 9 mm. L'arme, chargée, est portée par les fonctionnaires dans "un étui à double sécurité", a expliqué à l'AFP un haut cadre de la police.

En l'état actuel des premiers éléments de l'enquête, la piste terroriste a été totalement écartée, selon une source policière.

Le parquet a ouvert trois enquêtes. Deux ont été confiées au 3e district de police judiciaire (DPJ) de Paris, l'une pour "tentative de meurtre sur la femme", l'autre pour "tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

La troisième enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices") pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique", comme c'est toujours le cas lorsqu'un policier fait usage de son arme.

Par Sylvie MALIGORNE / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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