Le Stade toulousain a remporté samedi un quatrième titre de champion de France consécutif, une supériorité sans partage dans l'hexagone illustrée encore en finale contre Montpellier (28-20), valeureux mais trop limité, sous un fort orage tombé en plein match.
Ce quatrième titre de suite, le 25e de l'histoire du club, permet à la génération Dupont de rejoindre dans les tablettes de l'histoire toulousaine la génération 1994-1997 et, dans un autre temps, celle du Stade bordelais (1904-1907), qui a aussi réussi pareille performance.
Sous une chaleur moite et la pluie lors du second acte, les Antoine Dupont, un essai, Peato Mauvaka, deux essais, François Cros ou encore Thomas Ramos ont glané leur sixième bouclier de Brennus. C'est seulement un de moins que le recordman haut-garonnais Jérome Cazalbou, même si les 10 titres du pilier de Béziers Armand Vaquerin (1971-1984) sont encore un peu loin.
Encore que, dans un club qui a gagné ces douze dernières finales toutes compétitions confondues depuis 2008...
Depuis 2023, les Toulousains ont vécu des derniers actes à couteaux tirés, contre La Rochelle (29-26) et l'Union Bordeaux-Bègles (39-33, après prolongation) en 2025, mais aussi des démonstrations, contre l'UBB (59-3) en 2024.
La cuvée 2026 penche un peu plus du deuxième côté, malgré de valeureux Montpelliérains qui ont pendant plus de 30 minutes de jeu fait déjouer les Toulousains grâce à leur système défensif étouffant et leur activité dans les rucks et qui ensuite sont revenus à seulement huit points dans le dernier quart d'heure.
- Toulouse "plus réaliste" -
Mais malgré six pénalités en sa faveur dans les 23 premières minutes, 72% d'occupation du terrain et 60% de possession, le MHR était mené... 10 à 6 à la demi-heure de jeu. En 80 minutes, Montpellier est entré 14 fois dans les 22 mètres adverse pour une famélique moyenne de 1,4 point quand Toulouse n'est entré que 6 fois, mais en est ressorti avec 3,1 points en moyenne.
"Toulouse a été meilleur, plus réaliste", reconnu en conférence de presse le capitaine de Montpellier, Lenni Nouchi. "Il faut apprendre de nos erreurs (...) pour montrer que Montpellier est devenu un grand club", après les irrégularités des dernières années, a-t-il insisté.
Le talonneur du Stade toulousain Peato Mauvaka auteur du premier essai de la finale du Top 14 contre Montpellier, le 27 juin 2026 au Stade de France
Anne-Christine POUJOULAT - AFP
L'efficacité est symbolisée par le premier essai du talonneur Peato Mauvaka, capable, à la suite d'une touche malicieusement jouée avec Antoine Dupont, de sprinter sur 40 mètres et de réaliser un cadrage-débordement d'école face à l'ailier Donovan Taofifenua, pétrifié (7-0, 6e).
Et c'était avant que les Toulousains se libèrent.
Une première combinaison Meafou-Lebel a permis de transpercer la ligne héraultaise, d'obtenir une mêlée à cinq mètres de l'en-but et d'envoyer Peato Mauvaka sur un essai en force quelques temps de jeu plus tard (17-6, 33e).
Antoine Dupont, qui rejoindra le XV de France pour les matches de l'été, a donné encore un peu plus d'ampleur au score dans la foulée (22-6 à la 37e, et même 25-6 à la pause).
Tout n'a pas été parfait pour les Toulousains, qui ont connu un gros trou d'air en début de seconde période, sanctionné par un essai de Justo Piccardo, puis un carton jaune contre Matthis Lebel. Une mauvaise habitude cette saison, qui leur a pourri leur campagne européenne avec trois défaites, dont celle en quarts de finale contre l'UBB.
- Interruption -
Mais, sous une pluie devenue battante et les éclairs autour du Stade de France, les Toulousains ont géré leur infériorité numérique, aidé par les grattages de Jack Willis et les mouvements de classe d'Antoine Dupont pour mener 28-13 en fin d'infériorité.
L'écran géant du Stade de France annonce l'interruption de la finale du Top 14 en raison d'un orage, le 27 juin 2026
Kenzo TRIBOUILLARD - AFP
Un deuxième temps fort héraultais à l'heure de jeu a été interrompu par l'orage, qui a contraint les acteurs à s'abriter aux vestiaire une quinzaine de minutes.
Montpellier a gardé espoir avec un éclair de Léo Coly (28-20, 65e), a remis la main sur le ballon, revenant à plusieurs reprises à quelques mètres de l'en-but toulousain, mais n'ont, comme lors du premier acte, pas su concrétiser.
Les Toulousains ont ensuite su laisser le chrono s'écouler, sans trop de frayeurs jusqu'à la sirène. En habitués.
"Jusqu'à maintenant, il n'y a pas encore une grosse euphorie. J'ai l'impression qu'il y a un gros sentiment de soulagement, de joie d'avoir fini la saison", a dit Romain Ntamack en zone mixte, loin de l'exubérance du dernier sacre.
"On va déjà savourer ça" avant de se projeter sur la conquête d'un cinquième sacre l'année prochaine, une performance encore inédite.
Par Florian SOENEN / Saint-Denis (France) (AFP) / © 2026 AFP