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Sols pollués à Tonnay-Charente : « Il y a un sentiment d'injustice de la part des riverains »

Par Hugo Paillart

ANALYSE SUD RADIo – Après la réception d'un courrier de la préfecture de Charente-Maritime, les habitants de Tonnay-Charente ont appris que leurs maisons étaient construites sur des sols pollués. Sophie Senneton, coprésidente du collectif de défense de Tonnay-Charente, réclame réparation.

Sols Pollués, Timac pointé du doigt
Sols Pollués, Timac pointé du doigt

C'est un combat que Sophie Senneton mène depuis 2019. La coprésidente du collectif de défense de Tonnay-Charente cherche à faire reconnaître que les habitations construites sur la commune sont « invendables ». Selon un courrier de la préfecture de Charente-Maritime, sur 90 parcelles testées, 45 sont impropres à l'habitation à « des niveaux représentant des risques sanitaires ». Son combat désormais : prouver que les autorités et les entreprises savaient que les sols étaient pollués. Au micro de Sud Radio, l'habitante de Tonnay-Charente exprime son ressentiment.

Un combat mené depuis 2019

Au micro de Jacques Cardoze, Sophie Senneton explique que cela fait plusieurs années qu'elle se bat pour faire reconnaître la pollution des sols de son quartier. Au début, les autorités ne croyaient pas les dires de la coprésidente, avant de finir par réaliser des tests.

« On nous a parlé d'hallucinations olfactives collectives. Il y a quand même eu des tests qui ont été demandés à la préfecture, qui ont mené à plusieurs arrêtés, notamment en 2026 avec les premiers tests au niveau du sol, avec de vrais carottages, en plus des prélèvements, qui ont révélé que la première maison n'était pas propre à l'habitation. Je vous parle de ça, c'était en 2019 », déclare la coprésidente.

Première alerte en 2022

C'est en 2022 que survient la première véritable alerte, avec une série de restrictions imposées à la suite d'un passage de l'Agence régionale de santé (ARS). « Nous, on a eu une première alerte en 2022 par l'ARS, avec des restrictions qui étaient énormes. En fait, on n'avait plus le droit de consommer les légumes de nos potagers », décrit-elle.

Une série de mesures est alors appliquée pour limiter l'exposition à la pollution : ongles coupés courts, remplacement des moquettes par des sols faciles à nettoyer, vigilance accrue sur l'hygiène des jeunes enfants pour éviter qu'ils ne portent la terre à la bouche.

Timac dans le viseur des riverains

Reste une question centrale : les 45 maisons jugées impropres à l'habitation seront-elles un jour dépolluées ? Sophie Senneton pointe la responsabilité de Timac, entreprise agroalimentaire implantée sur le site. « Timac n'est propriétaire que depuis quelques décennies, par rapport au siècle de passé industriel du site. Donc est-ce que Timac ne se juge responsable qu'à 5 cm du sol, comme lors de leurs prélèvements ? Ce qu'on attend vraiment, c'est un réel accompagnement pour les malades », affirme-t-elle.

La coprésidente évoque aussi l'état de santé de certains riverains : « Il y a des personnes qui sont malades, que ce soit des maladies mentales comme la dépression, ou des maladies beaucoup plus graves comme des cancers et des empoisonnements au sang. Ils sont suivis par le centre antipoison de Bordeaux. Mais pour l'instant, ça piétine au niveau de l'accompagnement de la santé des riverains. »

« Un sentiment d'injustice et d'insécurité »

Au micro de Sud Radio, Sophie Senneton dénonce une situation vécue comme profondément injuste : « Il y a un réel sentiment d'injustice de la part des riverains, étant donné qu'ils ont acheté dans les années 80. Les assurances ne proposaient pas la protection juridique avec les contrats d'assurance habitation. Ces riverains se retrouvent aujourd'hui lésés, incapables de se défendre, car on leur demande d'avancer des frais d'avocat — alors que ce sont pour beaucoup des retraités. »

« Certaines maisons ont déjà été mises en vente, d'autres vendues dès le début. Aujourd'hui, la plupart des riverains souhaitent quitter le lotissement pour recommencer ailleurs, tant le sentiment d'insécurité s'ajoute à celui de l'injustice », conclut-elle.

Le combat judiciaire, lui, devrait durer encore plusieurs années.

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