Véronique Bouzou : "J’ai imaginé un livre où j’aurais un dialogue avec les générations futures"

Véronique Bouzou, professeure de Français et auteure de "Les hussards noirs de la robotique", auto-édité, était l’invitée d’André Bercoff le 24 novembre 2021 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-14h, "Bercoff dans tous ses états".

Véronique Bouzou
Véronique Bouzou, invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Dans son livre, Véronique Bouzou cite 1984 de Georges Orwell. "Ce livre ne date pas d’hier, il a été écrit en 1949, il me semble. Il imagine un monde en 1984, il imagine le futur qui est en fait notre présent", explique-t-elle. "Je pense, continue Véronique Bouzou, que ce qu’avait vraiment imaginé Georges Orwell ne va pas aussi loin que ce qu’on vit aujourd’hui".

"Ce qui m’a poussé à écrire ce livre", explique Véronique Bouzou, "c’est que je me suis imaginée ce que pourraient penser de nous les générations futures". "J’ai imaginé une salle de classe qui s’ouvre avec une miss robot qui accueille des élèves et Diane Bonnel va répondre à une question d’un élève qui lui demande : 'et à part allumer des bougies, vous avez fait quoi ?'", explique l’auteure de Les Hussards noirs de la robotique. "Je suis partie de l’idée que quand j’avais une quinzaine d'années, dans les cours d’histoire, je me posais la question : mais comment se fait il que dans les années 30, on ait pas pu arrêter Hitler avant que l’Europe ne sombre dans le chaos ?", continue-t-elle.

 

Pour Véronique Bouzou, "chaque génération a des défis à relever"

"J’ai été assez dure envers les générations précédentes et en fait, on se rend compte que peut-être lorsqu'on est confronté à des problèmes et que l’on voit la réalité, on ne peut pas lutter seuls", explique Véronique Bouzou. "C’est une marée déferlante qui s’abat sur nous et donc on est un petit peu seul. On essaie d’alerter", juge l’enseignante. "Nous sommes un petit peu les Cassandre porteuses de mauvaises nouvelles", continue-t-elle.

"On vous dit : ‘Oh non, tu ne peux pas dire ça. Tu généralises, pas d’amalgame, il ne faut pas stigmatiser, il ne faut pas dire ceci, il ne faut pas dire cela. Tu n’as pas le droit de penser ça, etc.’", explique Véronique Bouzou au micro de Sud Radio. "Nul n’est prophète en son pays", continue-t-elle. "J’ai imaginé un livre où j’aurais ce dialogue avec les générations futures. Où je pourrais tenir une discussion en essayant de leur expliquer quelle a été notre époque", explique l’auteure de Les Hussards noirs de la robotique. "Les dangers et les défis que l’on a dû relever et bien évidemment, les défis qu’ils auront à relever à leur tour", ajoute-t-elle. "Parce que je pense que chaque génération a des défis à relever et qu’on a tendance souvent à se tromper parce que l’Histoire est protéiforme. C’est-à-dire que les dangers changent à chaque période et on a tendance à ne pas les voir", explique-t-elle.

 

"Nous sommes dans une période prérévolutionnaire à n’en pas douter"

"Je pense que nous sommes dans une période prérévolutionnaire à n’en pas douter. Tous les acteurs sont présents", juge Véronique Bouzou. "Il y a quand même quelque chose qui est très grave, moi je pense qu’on est en train de glisser vers une tyrannie sanitaire", explique-t-elle. "Dans mon livre, il est question de la tout-digitalisation et je crois qu’on entre en plein dedans. La vraie finalité c’est, peut-être le pass. Peut-être qu’un jour, pour aller retirer de l’argent, il le faudra, peut-être après on pourra s’imaginer que si vous avez tenu des propos qui ne conviennent pas dans tels domaines, on pourra vous retirer par exemple le droit d’enseigner, le droit de faire ceci ou cela", juge-t-elle.

"On est vraiment dans l’expérience de Milgram", juge Véronique Bouzou. "Je pensais que le corps enseignant, qui étaient un peu des rebelles de l’autorité, réfléchirait, et se dirait : ‘non je ne peux pas porter un masque tout le temps’", explique-t-elle. "J’ai eu le malheur de dire que selon moi le port du masque était une maltraitance quand on enseignait", raconte-t-elle au micro de Sud Radio. "Et non, on s’habitue à cela, et je trouve cela terrifiant".

 

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