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Un premier procès public qui relance le scandale du périscolaire à Paris

REPORTAGE SUD RADIO - Jugé ce mardi 26 mai devant le tribunal correctionnel de Paris, un animateur du périscolaire de l’école maternelle Alphonse-Baudin (XIe arrondissement) est accusé d’agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de trois à cinq ans. Il s'agit du premier procès public, depuis les révélations de violences sexuelles dans les écoles de la capitale qui ont émergé ces dernières semaines. Une victoire pour les associations qui vont se mobiliser devant le tribunal aujourd'hui

Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : 84 écoles maternelles sont sous enquête. C'est le sujet de l'édito de JF Achilli
Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : 84 écoles maternelles sont sous enquête.

L’ouverture de ce procès ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris est particulièrement attendu. Au-delà des faits reprochés à cet animateur du périscolaire parisien de 36 ans, à savoir des agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de 3 à 5 ans au sein de l'école maternelle Alphonse-Baudin (XIe arrondissement), l’affaire donne un premier écho juridique concret au contexte de lutte contre les violences sexuelles qui s'est ouvert depuis plusieurs semaines dans la Capitale.

Des associations se mobilisent pour que cette audience marque un tournant dans la protection des enfants au sein des établissements scolaires parisiens mais également de l'Hexagone.

Les associations réclament des réformes

Barka, mère de famille et cofondatrice du mouvement Me Too École, explique au micro de Sud Radio dans Le Grand Matin : « L’idée est d’être aux côtés des victimes, les petites victimes des familles pour leur donner de la force en silence, tout en respectant la justice. Il n’existe toujours pas un cadre unifié de contrôle, de formation et de signalement digne de ce nom. Pour porter nos demandes, on voudrait un vrai dispositif de vérification des antécédents et de formation pour tous les adultes au contact de nos enfants de manière générale et régulière ».

Du côté de SOS périscolaire, Anne, membre du collectif souligne également l’importance du déroulement judiciaire : « On se félicite de tout ce qui s’est passé pour conduire à ce procès : le fait que les enfants aient été écoutés et entendus, que les parents aient été correctement »

Une enquête ouverte après les révélations d’un enfant

Car les premiers soupçons sont apparus lorsque les parents d’un élève ont remarqué un changement inhabituel dans le comportement de leur enfant. Questionné par ses proches, celui-ci aurait évoqué des gestes déplacés commis par le mis en cause.

Il aurait également mentionné plusieurs camarades susceptibles d’avoir été victimes des mêmes faits, entraînant par la suite le dépôt de nombreuses plaintes.

L’animateur de 36 ans a été suspendu par l’Éducation nationale dès avril 2025. Quelques mois plus tard, en juin, il a été placé en garde à vue avant d’être présenté au parquet. Son procès, initialement programmé en novembre dernier, avait finalement été reporté en raison de l’absence d’un avocat pour assurer sa défense. L’audience débute donc ce mardi.

Des alertes qui n’auraient pas été transmises

Le prévenu est également poursuivi pour harcèlement sexuel à l’encontre de deux collègues. Malgré les accusations, il conteste l’ensemble des faits reprochés.

Selon Me Rebecca Royer, avocate représentant six familles avec son associée Me Hannah Kopp, des alertes avaient déjà été émises dès septembre 2024 au sujet du comportement de l’animateur. « Le problème, c’est que ces signalements n’ont jamais été transmis au parquet », déplore l’avocate à l'AFP. Elle affirme que « la responsable du périscolaire ainsi que le directeur de l’école avaient connaissance de la situation mais n’ont pas effectué les démarches nécessaires auprès de la justice .

Une série d’affaires dans le périscolaire parisien

Le procès qui s’ouvre ce mardi revêt plusieurs enjeux importants. Les parties civiles ont notamment choisi de ne pas demander le huis clos. Pour Me Rebecca Royer, il est essentiel de « montrer que ce type d’affaires ne constitue pas un cas isolé. Ces violences surviennent de manière répétée dans de nombreux établissements scolaires, à Paris mais aussi ailleurs en France. »

Depuis avril 2025, plusieurs affaires impliquant des agents du périscolaire ont émergé dans la capitale. Début mai 2026, un autre animateur avait déjà été jugé pour des faits d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel visant des élèves de 10 ans de l’école Titon (XIe arrondissement). Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a rencontré les organisations parentales a assuré vouloir faire de la protection des enfants un impératif absolu de son mandat

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