Sophie Adenot s'aventurera à nouveau mardi à l'extérieur de la Station spatiale internationale (ISS), pour une troisième sortie dans l'espace, dont elle sera cette fois aux commandes, a annoncé mercredi la Nasa.
L'astronaute, devenue le 18 août la première Française à marcher dans le vide spatial, devra remplacer à l'extérieur du laboratoire orbital un dispositif appelé "rétroréflecteur" et effectuer plusieurs opérations de maintenance.
Elle sera aux commandes de l'opération, en tant que "crew member 1", et sera accompagnée de l'astronaute américaine Jessica Meir, pour une sortie 100% féminine.
Leur activité extravéhiculaire (EVA) doit débuter vers 12H30 GMT (14H30 heure de Paris) et durer environ six heures et demie, a précisé l'agence spatiale américaine. Elle pourra être suivie en direct grâce à une retransmission vidéo.
Le "rétroréflecteur" devant être remplacé permet d'assister les vaisseaux spatiaux lors de leurs opérations de rendez-vous et d'amarrage à l'ISS, détaille la Nasa. Après son remplacement, le duo mènera une série d'autres opérations, dont l'installation de câbles et le remplacement d'une caméra haute définition.
Lors de deux précédentes sorties, Sophie Adenot, âgée de 44 ans, avait collaboré avec l'astronaute américain Anil Menon.
Ensemble, ils avaient remplacé à environ 400 km de la Terre une antenne défectueuse permettant à l'ISS de communiquer avec le centre de contrôle de Houston au Texas. Confrontés à de nombreuses difficultés techniques, ils n'avaient pas pu achever cette tâche en une seule sortie, comme initialement prévu.
Mercredi au lendemain de sa deuxième sortie, Sophie Adenot s'est dite "un peu courbaturée" mais fière de sa "mission accomplie", dans un entretien à France 24 et RFI.
"On a réussi à réparer cette antenne malgré tous les soucis qu'on a pu avoir avec les connecteurs électriques, avec les vis... Tous les pépins mécaniques qu'on pouvait imaginer, on les a eus. Malgré tout (...), la nouvelle antenne est installée. Les équipes ont déjà commencé les premiers tests" et "pour l'instant, tout semble bien se passer", a-t-elle déclaré.
Si sa première EVA, le 18 août, a été un mélange de "joie intense" et d'"appréhension", la Française a confié avoir ressenti de "la pression" avant la deuxième en raison des difficultés rencontrées et avoir reçu le soutien de Claudie Haigneré.
L'astronaute, première Française à avoir effectué une mission dans l'ISS et source d'inspiration pour Sophie Adenot, lui a envoyé un mail la veille de cette deuxième sortie.
"Elle m'a dit +Sophie, fais confiance, fais confiance aux équipes, fais confiance à tout ce que tu as appris, fais confiance aux procédures, fais confiance à tes câbles qui te relient à la station, fais confiance aux câbles qui relient les outils à ton sac+. Je me suis vraiment raccrochée à ce conseil", a-t-elle expliqué.
"Psychologiquement, mentalement, c'est une grande victoire", a encore raconté l'astronaute, décrivant le scaphandre comme une "bête à dompter". "Chaque mouvement est fatigant. Chaque mouvement du bras, de la main, tenir un objet, c'est une dépense énergétique incroyable", a-t-elle détaillé.
AFP / Washington (États-Unis) (AFP) / © 2026 AFP