Restos du Cœur : "On a beaucoup plus de demandes que l'an dernier"

Le 23 novembre marque le coup d’envoi de la 37ème campagne des Restos du Cœur. La précédente édition avait permis de servir 142 millions de repas, chiffre qui sera très certainement battu cette année. La crise liée au covid fait grossir le nombre de demandes : retraités, familles monoparentales, familles nombreuses, jeunes : les centres sont submergés.

Restos du coeur
Restos du Coeur : ce sont souvent les femmes qui ont le plus besoin de d’aide. © AFP

Reportage près d’Aix-en-Provence de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

"Heureusement qu'il y a les Restos du Coeur, on les attend"

Des poussettes, des enfants dans les bras : il y a beaucoup de mères célibataires dans la file d’attente. "C'est un gros soulagement, assure l'une d'elle. Heureusement qu'il y a les Restos du Coeur, on les attend. Surtout pour le lait, ou ce qu'il y a pour les enfants".

Parmi les bénéficiaires, une jeune femme, médecin spécialiste, explique préparer son concours pour postuler aux Hôpitaux de Marseille. "Je ne m'en sors pas, malgré que je sois hébergée gratuitement chez ma mère !", confie-t-elle.

Ceux qui viennent chercher de l’aide sont souvent les premières victimes de la crise liée au Covid : 48% de demandeurs d’emplois. "Je ne m'en sors pas, je paye le loyer cher et à la fin du mois je suis avec rien", confirme l'un d'eux.

"On a beaucoup plus de demandes que l'an dernier"

La moitié des bénéficiaires poussent la porte des Restos du Coeur pour la première fois. C'est le constat inquiétant des responsables : "on a beaucoup plus de demandes que l'an dernier, annonce Thierry Millot. Certains nous confient qu'ils pensaient ne jamais en arriver là, que ça n'arrivait qu'aux autres. La perte d'emploi a fait craquer des couples, les plus fragiles sont les familles monoparentales".

"La situation sociale est passée de la misère de certains marginaux à une grande pauvreté de toute une partie de la société, ajoute le responsable du Var. Nous avons les personnes âgées qui ont peu ou pas de retraite, les familles monoparentales, les familles nombreuses, les jeunes au chômage ou pas. Toute une partie de la classe qu'on appelait moyenne est en train de se battre pour conserver son niveau de vie et ne pas tomber dans la précarité".

 

 

Avec cet afflux, difficile de faire face reconnaît Josette, l’une des 70.000 bénévoles. "Nous avons une très longue liste d'attente, mais malheureusement, on ne peut pas pousser les murs... On est obligés de leur dire d'aller dans d'autres centres parce qu'on est submergés".

142 millions de repas ont été servis lors de la précédente campagne. Celle qui démarre aujourd’hui va sûrement battre un nouveau record.

 

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