La question du pardon rejoint selon moi celle du bien et du mal. C'est une question dont on débat souvent et ce depuis l’origine de l’humanité. Je ne crois pas plus à la théorie de l’homme fondamentalement bon qu’à celle qui prétend qu’il serait fondamentalement mauvais. Je crois que, comme l’animal, nous sommes poussés par des instincts ou des pulsions. La première pulsion étant sans nul doute l’instinct de survie.
Faut-il condamner de la même manière celui qui tue un animal protégé pour subvenir aux besoins de sa famille et celui qui tue ce même animal par convoitise matérielle ? Evidemment que non…
C’est pourquoi la cause animale à laquelle je souscris est une cause qui ne peut être défendue que dans des pays où les gens ne meurent pas de faim.
Pardonner pour guérir ? Récit d'un témoignage qui m'a beaucoup fait réfléchir
Cette réflexion sur le bien et le mal m’est venue en écoutant un témoignage bouleversant. Une femme, aujourd’hui âgée de 55 ans, me raconte qu'elle a été violée à quinze ans. Et qu'elle a mis au monde l’enfant de ce rapport sexuel non consenti. L’attitude de la mère de cette auditrice est inqualifiable. Tant au moment du viol qu’au moment de l’accouchement. Celle-ci a décidé que l’enfant, afin d’éviter tout commentaire du voisinage, serait confié à la sœur aînée.
Cette auditrice m'a raconté son histoire avec un certain calme, ce qui la rendait d’autant plus touchante. Puis elle me confia qu’à plusieurs reprises, elle avait entrepris une thérapie. Mais à chaque fois, elle mettait fin à la thérapie au moment où les psy lui proposaient de pardonner à sa mère. Car comment pardonner une attitude impardonnable ?
Il y a sans doute des explications au comportement déshumanisé de sa mère, sa propre génitrice. Mais à force de vouloir comprendre et pardonner on ne permet pas aux victimes de se révolter.
La révolte plutôt que le pardon
Je suis convaincue que la révolte, face au mal, est bien plus constructive que le pardon.
Bien sûr la vengeance n’est pas la bonne attitude. Mais cette tendance à vouloir pardonner à tout prix non plus ! Cela nous fige dans une sorte de culpabilité judéo-chrétienne qui ne va pas dans le sens de la résilience.
J’ai compris depuis bien longtemps que faire le bien nous permet de nous sentir meilleur, c'est vrai. Mais face au mal, la meilleure attitude reste l’éloignement.
Pour ma part, je ne pardonne pas spécialement à ceux qui m’ont trahie, je ne les connais plus. Je les ignore. Je ne pardonne pas à ceux qui me blessent, je le leur signale. Et j’attends que ce soient eux qui me demandent pardon.
L’homme n’est ni fondamentalement bon ni fondamentalement mauvais, il s’éduque et ce dès son plus jeune âge.
Alors ne vous sentez jamais obligé de pardonner, sauf à vous-même…
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